Jean-Luc Luc Mélenchon lors de son discours de clôture des Amphis d'Été de la France Insoumise - Capture vidéo Nos Lendemains.
Jean-Luc Luc Mélenchon lors de son discours de clôture des Amphis d'Été de la France Insoumise - Capture vidéo Nos Lendemains.

Fragilisé, Jean-Luc Mélenchon ? Pas vraiment malgré ce que veulent bien en dire les journaux lors des universités d’été de la France Insoumise. Bien sûr, les résultats des européennes et des municipales ne sont pas bons mais chacun sait très bien, sauf à être de mauvaise foi, que ça n’est jamais sur ces élections que le leader de LFI fait son miel. Et que le scrutin européen n’a jamais été goûté par son électorat.

Lui, c’est la présidentielle. C’est l’homme de la mère des batailles, comme il l’a d’ailleurs rappelé dans son discours de clôture « C’est la seule élection qui compte » et qui intéresse encore les Français.

Et, à y regarder de plus près, il n’est pas vraiment mal parti, pas plus mal que EELV ou le PS pour cette échéance de 2022 : toujours crédité de 10 à 12% des sondages, ce qui est plutôt satisfaisant à deux ans du scrutin et en ayant affronté les tempêtes depuis 3 ans : ses colères inénarrables, le bashing incessant de la presse et la volonté quasi permanente de le ficeler dans un même sac avec Marine Le Pen.

12% … qui ferait mieux au sein de La France Insoumise ? On ne voit pas. Et c’est en pur tacticien qu’il fait semblant de maintenir un suspense sur sa candidature. Il annoncera sa décision en octobre. Alors certes il se pose mille questions sur son âge (69 ans), la dureté de la bagarre, le doute sur sa capacité à retrouver l’élan de 2017 où il a frôlé la barre du second tour.

Il sait que cette place en finale devrait se jouer dans un mouchoir de poche mais on n’imagine pas que le goût de la lutte, la volonté obstinée de combattre le capitalisme libéral et son amour pour la bagarre politique puissent s’effacer devant des doutes. Il est par ailleurs seigneur et maître dans son parti et on imagine mal qui pourrait lui contester le leadership.

Donc, sans trop se mouiller au risque d’être ridicule, affirmons ici qu’il sera candidat. D’ailleurs, tous les petits pas le démontrent en cette rentrée : son dialogue avec Éric Piolle, le maire écologiste de Grenoble, étoile montante du parti vert, la réelle complicité entre les deux hommes qui n’allait pas de soi et la rencontre avec Raphaël Glusckmann l’eurodéputé de Place Publique, dialogue qualifié « d’exigeant et de constructif » par le leader de LFI. La sociale démocratie, les écologistes, les syndicalistes (avec Philippe Martinez), les associations (Greenpeace) : Jean-Luc Mélenchon consulte, sonde, avance ses pions. L’an dernier, il n’avait pas participé à ces journées d’été, baptisées Amphis d’été. Cette année, il s’est rattrapé en étant omniprésent et avec un discours très offensif contre le gouvernement, et dans la gestion sociale notamment sur les Gilets Jaunes « La répression brutale, policière et judiciaire, du mouvement des #GiletsJaunes, est une honte pour la France. Les dictateurs du monde se servent des images de notre pays pour justifier la répression chez eux » et dans la gestion sanitaire « La première fois, il était possible au gouvernement de dire qu’il ne savait pas. Mais là, Monsieur Macron, qu’avez-vous fait ? Y aura-t-il les surblouses, les masques, les lits, les respirateurs ? »

On notera aussi l’omniprésence de l’écologie, qui a toujours tenu une grande place dans le programme de l’Avenir en Commun mais qui cette fois, est mise en exergue. Démonstration, si besoin était, qu’elle sera aussi au cœur de la bataille de 2022, au moins à gauche. Car c’est la seule question qui vaille aujourd’hui : qui se rangera derrière qui pour la présidentielle ?

Alors que les verts sont déjà lancés, quoiqu’ils en disent, dans une bagarre fratricide dont eux seuls ont le secret, alors que le PS, ragaillardi par ses bons résultats aux municipales, semble vouloir redonner de la voix, alors que Jean-Luc Mélenchon semble avoir en partie remonté la pente sur laquelle il avait glissé après 2017, qui ?

Ce qui est nouveau en cette rentrée, c’est que la gauche, qui n’a plus de formation hégémonique, comme ce fut le cas pour le PS, semble avoir compris qu’il faut tenter de s’unir le plus largement possible. Et en cette fin Août, Mélenchon peut se satisfaire de ne plus être tout à fait infréquentable. À charge pour lui d’accepter aussi que les autres formations de gauche sont tout aussi fréquentables. À petits pas.

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Cet article a 3 commentaires

  1. J. F. Launay

    Dire qu’il a frôlé le 2e tour … à 600 000 voix près est un peu hardi. Et comme en 2017, il sera incapable de fédérer la gauche et les verts. Eric Piolle est-il prêt à se rallier ? Le PCF même, quelque peu échaudé par un ex-allié qui l’a méprisé, va-t-il gentiment se mettre derrière lui ? Quant au PS il faudrait qu’il avale ses convictions européennes !

  2. Emma

    Le PCF, un allié qu’il a méprisé ???? C’est bien de refaire l’histoire, et d’inverser les rôles….

  3. Emma

    « Convictions européennes du PS  »
    Faut être courageux pour avoir des convictions pour cette europe liberale et anti démocratique qui a massacré la Grèce et se piquait les masques pendant le covid ….

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