Interview d'Emmanuel Macron au 20h de TF1 et France2 ce 14 octobre 2020 - Capture Nos Lendemains.

En Mars, nous étions en guerre. Samedi, le couvre-feu entrera en vigueur. À 8 mois d’intervalle, il y a donc une logique dans la sémantique martiale.

Et les Français approuvent massivement cette mesure. Une adhésion qui doit se lire à l’aune de la peur sanitaire et économique. Dans une écrasante majorité, l’opinion était donc favorable à un tour de vis sérieux, face à une épidémie qui galope et se joue de nous. A ce titre, nous sommes servis. Le chef de l’Etat n’a pas mâché ses mots « la pression sur l’hôpital devient insupportable ». Nous y revoilà. Notre hôpital explose, avec une grande différence depuis Mars : les soignants sont épuisés, ils n’ont quasiment pas eu de vacances, sont déçus par le Ségur de la santé et sont moins enclins à faire de nouveaux sacrifices, notamment celui de leurs vacances. Autre différence : le grand rien qui caractérise les mois qui viennent de s’écouler. Rien dans l’anticipation sur les lits de réanimation. On nous en avait promis 12.000. Ils sont 5000 au doigt mouillé. A contrario, on a continué de fermer des lits classiques.

Rien sur les tests, ou plutôt trop de tests pour des analyses qui n’ont pas suivi. Nous avons fait le choix, jusqu’à récemment, de ne pas utiliser les tests antigéniques, plus rapides (résultats en 1/2h), déjà adoptés depuis 4 mois par l’Italie. Ils arrivent enfin sur le marché mais que de temps perdu !

Au regard de ces observations factuelles, une vérité s’impose : le gouvernement ne croyait pas à une deuxième vague et ne l’a donc pas anticipée. Emmanuel Macron s’est séparé d’Édouard Philippe, comme on tourne la page d’un mauvais livre, pour entrer dans une ère nouvelle où la covid ne serait plus qu’un mauvais souvenir. Erreur fatale additionnée à notre comportement négligent et relâché, cet été.  Ces deux facteurs croisés donnent le désastre du jour. Désastreux, ce mois le sera forcément pour les grands punis de ce couvre-feu : bars, restaurants, théâtres, cinéma. Qui peut avoir l’envie et surtout la possibilité d’aller au Châtelet à 18h à Paris ? Qui peut avoir envie d’aller dîner au restaurant à 19h pour plier bagages à 20h30 afin de rentrer chez soi dans les temps ? Peu de monde à dire vrai et on peut déjà parier que beaucoup de restaurants préfèreront fermer directement et totalement en attendant des jours meilleurs.

Certes, il fallait frapper fort, pour avoir eu tort de ne pas avoir frappé assez vite et dans les temps. Mais on peut tout de même s’étonner des incohérences de la situation générale. D’abord sur les vacances. Nous pouvons partir, nous sommes même encouragés à la faire tout en subissant un couvre-feu pour les grandes agglomérations. Autre incohérence : les clusters se   développent essentiellement sur les lieux de travail et dans les facultés. Mais hier soir, Emmanuel Macron a refusé d’être directif sur le télétravail, arguant même que “c’est cool dans une résidence secondaire mais plus compliqué dans un petit appartement “. On aura bien compris que le gouvernent veut que l’économie tourne de manière normale, que les gens se croisent au travail, avec, en arrière-plan, la suspicion permanente qui flotte sur une sorte de fainéantise qui accompagnerait le travail à domicile. Comme si les employés étaient par nature des tir-au-flanc et passaient leurs journées sur Netflix. Je caricature à dessein mais … Pourtant, ce système de télétravail permet de lisser le trafic des transports en commun, de désengorger les centre villes, comme en Italie et donc de diminuer le risque de contaminations quotidiennes.


Dernier point étonnant : le ton du chef de l’État. Pédagogie, clarté mais on a aussi vu un Président un peu sautillant, presque guilleret. Ce ton dit beaucoup de sa personnalité, qui par nature et par manque de maturité, ne sait pas appréhender le tragique de l’histoire. On comprendra bien la volonté de dédramatiser et de vouloir entraîner le pays loin de la morosité qui s’est déjà emparé de lui. Mais il ne suffit pas de chanter « je suis heureux, le ciel est bleu » pour convaincre des citoyens, à une grande majorité méfiants et critiques à l’égard de sa personnalité.

Couvre-feu à 21h, avec durcissement possible à 20h, si, dans 15 jours, le taux de contamination ne baisse pas de manière significative, plus de restaurants, plus de soirées à plus de 6 personnes, plus de théâtre, de restaurants, de cafés le soir : nous voilà condamnés au métro-boulot -dodo pendant au moins un mois. L’addition est lourde.

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Cet article a 5 commentaires

  1. Lefebvre Claire

    Reste toujours des incohérences
    Tiens 9 résidents d’un Epadh de Lille sont décédés en septembre nous apprend un grand journal local. Et d’ajouter qu’ils faisaient tous partis d’une unité Alzeihmer et environ âgés de 93 ans. Ben voyons ! Cynique… Les salariés des Epadh ne sont pas testés. Ahurissant… tandis que les footballeurs des grands clubs et les coureurs automobiles, eux, se font testés tous les 5 à 7 jours ! Les hauts sportifs sont plus chanceux que les Alzeihmers de 93 ans ! Autre thème : les tests salivaires sont pour l’instant réservés aux Hôpitaux… pas pour les médecins libéraux… encore dommage
    On y perd encore en rapidité pour contrer la propagation et soigner ! Voilà 2 incohérences parmi toutes les autres !

  2. Paul

    Incompétence, inexpérience, incohérence, arrogance : la marque de fabrique de ce gouvernement

  3. Jeannin

    Un mois de couvre feu …
    L’expérience du printemps ( 15 j ), nous montre que le CDD est renouvelable !
    D’autant qu’il porte en lui les gènes d’un échec programmé…
    Mais après tout, quand on aime on ne compte pas.

  4. Jeannin

    J’adore cette histoire 😊😉

    Il était une fois un roi qui voulait aller à la pêche, il appela son météorologue et lui demanda quel temps il ferait dans la journée. Celui-ci lui assura qu’aucune pluie n’était prévue et qu’il pouvait y aller sans encombre.
    Le roi, tout heureux, se rendit tranquillement à la rivière.
    Chemin faisant, il rencontra un paysan monté sur son âne, qui en voyant le roi dit :
    « Sire, vous feriez mieux de rebrousser chemin car il va pleuvoir très fort dans très peu de temps ».
    Le roi hocha la tête et continua sa route, en pensant :
    Comment ce gueux peut-il mieux prévoir le temps que mon spécialiste diplômé, grassement payé et qui m’a indiqué le contraire ? Poursuivons… Et c’est ce qu’il fit.
    Mais alors qu’il arrivait au bord de la rivière, il se mit à pleuvoir à torrents.
    Le roi, furieux, rentra trempé au palais, la reine se moqua de le voir en si piteux état.
    De rage, il congédia son météorologue sur le champ, puis il convoqua le paysan, lui offrant le poste vacant.
    Mais le paysan refusa en ces termes :
    « Sire, je ne suis pas celui qui comprend quelque chose dans ces affaires de météo et de climat, mais je sais que si les oreilles de mon âne sont baissées cela signifie qu’il va pleuvoir « .
    Du coup, le roi embaucha l’âne.
    C’est ainsi que commença en France la coutume de recruter des ânes pour les postes de conseillers les mieux payés.
    Et que fut créée une école sur mesure : l’ E.N.A, l’École Nationale des Ânes, dont nous pouvons mesurer, tous les jours, les brillantes compétences…

  5. Thierry

    Bonjour,

    Enseignant dans un grand lycée parisien, je constate que malgré la bonne volonté des élèves de respecter les gestes barrières, la covid circule allègrement. Cela se traduit par des classes fermées, de nombreux absents en cours (covid ou cas contact), du stress pour le personnel et pour les lycéens. On ne voit pas comment il pourrait en être autrement. J’ai discuté avec des lycéens ce matin, lendemain de l’allocution du président, ils sont assez étonnés d’être constamment cités comme les propagateurs du virus d’être systématiquement stigmatisés par les médias sans que soit considérée la manière dont la vie se déroule au sein des établissements scolaires. Ils me déclaraient que la « règle des 6 » prônée hier soir les faisaient un peu sourire. En effet, ils sont 40 élèves dans des salles initialement prévues pour 30, la cantine est un lieu de grande promiscuité mais concèdent qu’ils ne voient pas comment l’administration pourrait l’éviter, les cours d’éducation physique et sportive sont des lieux à haut risque. Ils ne portent pas de masque et la distanciation physique est impossible, tant bien même les « un mètre » seraient respectés cela ne serait en rien suffisant pour éviter la transmission respiratoire. Les lycéens ne sont pas dupes, ils semblent passablement agacés d’être considérés comme des irresponsables, comme m’a dit un lycéen « on n’est pas plus irresponsable que les adultes qui se réunissent pour un mariage ». Certes ,en dehors du lycée ils reconnaissent faire parfois des fêtes et oublier les gestes barrières, mais ne comprennent pas pourquoi les conditions de travail dans les établissements scolaires et dans les universités qui sont aussi des causes de propagation du virus ne sont pas dénoncées par les médias.

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