Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse réélu dimanche 28 juin 2020 - Photo Twitter JL Moudenc
Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse réélu dimanche 28 juin 2020 - Photo Twitter JL Moudenc

La vague verte n’est pas passée par Toulouse, tout juste une houle qui aura fait tanguer la citadelle Moudenc, sans pouvoir l’anéantir. Et pourtant, longtemps, les écologistes toulousains ont cru en leur chance de l’emporter… Faisaient foi, les sondages qui se succédaient donnant, à tous les coups, la victoire au candidat estampillé Europe écologie les verts, Antoine Maurice. Entre temps, les masques ont plu sur la ville rose, ce qui a plu à l’électorat en demande de protection.

Avec 52% des voix, Jean-Luc Moudenc, candidat LR soutenu par LREM, a largement distancé son concurrent Antoine Maurice, finalement trop vert en politique, avec 48%, pour s’imposer contre un vieux routier des joutes électorales. Une déception pour lui ? Assurément. Mais derrière une dynamique populaire et sondagière rectiligne par le haut, la campagne locale ne fut pas un long fleuve tranquille. Plus le Nil en fureur que la Garonne apaisée. Leader d’une liste patchwork, Antoine Maurice a dû d’emblée s’occuper des dissensions dans son propre camp, notamment avec des insoumis, à son goût, trop gourmands et trop entreprenants. Le vrai coup de grâce lui fut donné par l’abandon en rase-campagne de Nadia Pellefigue, candidate socialiste, préférant quitter la campagne plutôt que de soutenir franchement la liste d’une gauche désormais plurielle.

« Mensonges, caricatures et attaques personnelles »

Depuis hier, les regrets sont grands dans les rangs des EELV notamment. Tout y passe ; à commencer les coups bas assénés par le camp Moudenc contre un Antoine Maurice maire de Toulouse putatif chez les sondeurs.
« Un climat fait de mensonges, de caricatures et d’attaques personnelles. Ce n’est pas ma conception de la politique » a dénoncé l’écologiste victime de rumeurs, de vidéos sur son compte circulant dans les réseaux sociaux. Autre victime expiatoire, la militante, et passionaria des personnes en situation de handicap à Toulouse, Odile Maurin. Attaquée par le maire en raison de sa condamnation pour violence contre les policiers, la gilet jaune, présente sur la liste écolo, lançait, hier soir dès les résultats connus :
«  Diffamez, diffamez, il en restera toujours quelque chose. Le maire a oublié de préciser que j’avais fait appel ».

Contrairement aux autres grandes métropoles, Toulouse n’a pas connu son grand soir social-écologiste. Avec la fin du confinement, la dynamique Archipel Citoyen s’est étiolée, permettant à Moudenc de se refaire une santé. Et déjà les langues se délient pour fournir des explications plus politiques à une défaite d’Antoine Maurice finalement assez glorieuse. Il suffisait d’entendre les partenaires de liste pour sortir des seules questions des rumeurs et caricatures. La porte-parole de l’ancien maire Pierre Cohen pointait un second tour mal négocié : « la dynamique du premier tour était très bonne, c’est donc la déception qui domine ce soir ». Même son de cloche chez les insoumis par la voix de leur représentante sur la liste, Hélène Magdo (ça s’invente pas ) qui regrettait « l’écart trop grand avec les derniers sondages. Cela questionne sur la manière dont s’est déroulée la campagne »…

Au final, une campagne pleine de promesses qui a tenu en haleine les Toulousains ; et qui a permis à Antoine Maurice, et sa liste Archipel Citoyen, de montrer qu’une autre cité est possible. En attendant, la ville rose s’accorde un répit de continuité, sans avoir osé faire le pari d’une métropole conquérante et confiante comme l’ont été Lyon, Bordeaux, Marseille… Et même Paris avec la désormais sociale-écologiste Anne Hidalgo.

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