Manifestation pour la planète à Paris 2019 - Photo ©️ Daniel Perron
Manifestation pour la planète à Paris 2019 - Photo ©️ Daniel Perron

Vague verte, vague verte, vague verte !

En zappant sur les chaines d’info et les radios ce soir, on est frappés de l’unanimisme du commentaire…

Tout juste entend-t-on les uns et les autres déplorer la faible participation. Et en particulier ceux qui ont intérêt à minimiser la portée et la signification des scores de ce soir, c’est-à-dire des grands perdants du scrutin : la France Insoumise, La République en Marche et le Rassemblement National (quoi qu’il en dise, en brandissant sa victoire symbolique mais bien seule à Perpignan)…

Et d’ailleurs, il est frappant de constater combien le gouffre se creuse entre le paysage politique national, dominé par ces trois partis, incarnés par des personnalités fortes, et le paysage politique local, où clairement le PS et Les Républicains sortiront comme vainqueurs sur le plan quantitatif (nombre d’élus, et de villes détenues). Nous devrions peut-être nous inquiéter d’un tel fossé, qui cumulé à l’abstention dit sans doute beaucoup de l’insatisfaction majoritaire vis-à-vis d’une offre

Toujours est-il que ce soir, les médias ont envie de raconter une vague verte. Peu importe que cette vague – que l’on salue, tant la prise de conscience écologique est urgente et indispensable – doive en réalité sa concrétisation à une stratégie d’union de la gauche. Car il faut le dire : les verts qui ont fait le pari de partir en solitaire ont perdu. En revanche, ceux qui ont eu l’intelligence de comprendre que l’union de la gauche avait un potentiel de conquête, ont été récompensés.

Ce soir, c’est donc moins EELV qui a gagné, qu’une stratégie qui divise encore au sein de ce parti, à savoir la stratégie d’union de la gauche. Et à ce stade, cette stratégie bénéficie parfois à des têtes de listes EELV – Lyon restera un cas emblématique -, mais aussi, souvent, majoritairement même, à des têtes de listes socialistes. Citons Quimper, Nancy, Le Mans, Rouen, Brest, Clermont-Ferrand, Dijon, Laval, Annecy, Chambéry, Montpellier, Avignon… autant de villes et bien d’autres qui ont été remportées par des têtes de liste PS, et qui se sentent sans doute un peu méprisées en écoutant les médias nationaux ne parler que de la poignée de villes emportées par EELV.

Abstention, union de la gauche, écologie, voilà trois enseignements majeurs. Mais il ne faudra pas oublier, pour la suite d’autres tendances majeures : le renouvellement (au PS, une nouvelle génération émerge, comme chez LR), le besoin de proximité (les sortants sont plébiscités car ils sont ancrés, proches des gens), mais aussi sans doute, dans une période incertaine, la demande d’ordre (à droite) et de justice (à gauche) dans un contexte de crise économique. Ce sont là des tendances profondes, durables sans doute, auxquelles le chef de l’Etat ferait sans doute bien de répondre dans les mois qui viennent.

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