Affiche municipales Paris - 21 mai 2020 - Photo © Daniel Perron

À peine annoncées, déjà dénoncées.

Le second tour des municipales devrait avoir lieu le 28 juin et c’est déjà la ruée politique pour dénoncer cette décision.

Mais la ruée de qui, au fait ? De l’opposition qui, je le rappelle, a refusé un vote au parlement, en demandant au gouvernement de prendre seul sa responsabilité. Résultat : une longue série de jérémiades pour dire à quel point cette campagne est infaisable, tronquée, anti démocratique. Certes, il n’y aura pas vraiment de campagne traditionnelle mais oserais-je rappeler qu’il n’y en a jamais, ou si peu habituellement. Une semaine entre deux tours. Les listes étant déposées le lundi ou le mardi au plus tard, la campagne d’entre-deux tours d’une municipale se résume généralement à un gros meeting le mercredi soir et 5 jours de serrages de main sur les marchés et dans les cages d’escalier. Hurler au hold-up démocratique est assez cocasse. Cette fois, les débats télés seront privilégiés et les réunions publiques sur Zoom. Est-ce si honteux ? Non ! 30.000 maires sont déjà élus. Le Parti socialiste et les républicains ont engrangé des premiers tours suffisamment confortables pour leur permettre de confirmer sans problème au second tour et de se refaire une santé.

Les verts, eux, espèrent capitaliser sur le climat actuel après covid /environnement. Refaire une élection totale en janvier ne les assurerait pas de marquer le point comme ils peuvent le faire à Bordeaux.

Finalement, les seuls qui ont à perdre sont les élus de la majorité. Scores désastreux de 1er tour, symbole calamiteux à paris et Lyon, il n’y a qu‘eux pour imaginer que le report et le gain de quelques mois pourrait arranger leur situation électorale. C’est à l’aune de cette improbable stratégie qu’il faut lire la volonté de Richard Ferrand de tout reporter. Le RN, lui, a fait son résultat, ni plus ni moins, en validant ses maires mais sans aucun véritable élan supplémentaire. Quant à la France Insoumise, les élections municipales ne sont pas sa tasse de thé. Donc les hurlements de ce bal des hypocrites, auquel il faut rajouter le Conseil scientifique qui ne dit pas oui, pas non, semblent assez dérisoire au regard de l’enjeu immédiat !

Les maires ont besoin d’être élus, d’être installés, et les intercommunalités avec eux. Cela semble vital car 60% de l’aide direct aux entreprises va s’opérer par le biais des collectivités territoriales. Comment poursuive plusieurs mois encore avec, dans certains cas, des élus largement battus mais qui continuent de gérer la crise covid et économique qui vient ?

On marche sur la tête et le gouvernement avait le choix entre deux mauvaises solutions. Il a choisi d’aller vite et ceux qui dénoncent un déni de démocratie auraient été bien inspirés de le faire avant le premier tour. On leur rappelait qu’ils dénonçaient, à l’époque, une volonté de putsch d’Emmanuel Macron. Maintenant, le vin est tiré, il faut le boire. Et vite.

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