Pas de réinvention.
Pas de retour aux sources du Macronisme – pourtant tant espéré par nombre de députés de la majorité, et de soutiens de la première heure.
Ce remaniement est une optimisation du dispositif Macroniste : un dispositif qui doit être opérationnel tout de suite, plutôt qu’incarner un nouvel élan. Un dispositif au service d’un homme, le Président, qui a coutume de se plaindre de ce que ses décisions n’entrent pas assez vite dans le quotidien des Français.

De réinvention, on ne voit nul signe réel, ni sur la feuille de route, ni sur le casting. Peut-être dans la méthode – on dit que Castex aurait le sens du dialogue -, mais il est trop tôt pour le savoir.
De retour aux sources, pas davantage : la bienveillance ? l’horizontalité ? l’innovation ? le « en même temps » ? On a pour le moment tous les ingrédients d’une droitisation assumée – sur le casting, comme sur le fond, avec le retour de la réforme des retraites ou le refus d’une taxation plus juste des plus fortunés -, peu de signes d’audace ou de « renversement de table », et tout porte à croire qu’Emmanuel Macron va poursuivre dans la voie d’un néo-bonapartisme décomplexé.

Et au fond, c’est sans doute cela que nous dit ce non-évènement qu’est le remaniement : pour les 18 mois qui viennent, le personnage principal de la pièce sera Emmanuel Macron. Impulsant tout. Assumant tout. Incarnant tout.
Tout se passe comme si le Président prenait acte de ce que l’opinion n’attend plus rien du gouvernement ni d’un Premier ministre – ni même d’un Parlement – qu’il sait entièrement soumis, par la logique institutionnelle, à la figure Présidentielle. Tout remonte au Président, tout découle de lui, on lui reproche tout, même ce qui ne vient pas de lui. Il est le véritable paratonnerre de l’ensemble des institutions, en même temps que leur clef de voûte. Pragmatique, mais sans doute aussi par tempérament, Emmanuel Macron semble prendre acte de cet état de fait, pousse la logique présidentialiste au bout, et assume le fait que l’exercice du pouvoir est désormais un one man show, un solo plutôt que le travail d’un orchestre.

Dès lors, il ne faut attendre de cette – bien longue – séquence politique, qui s’étendra jusqu’au 15 juillet, qu’une seule chose : une optimisation. Cela ne fait pas récit, et c’est le but. Tout juste le pouvoir aura-t-il jeté deux os à ronger à des médias avides d’histoires à raconter, en les personnages hauts en couleurs de Bachelot et Dupont-Moretti. Mais là n’est pas le cœur du sujet.

Ce que nous dit ce remaniement, c’est donc à la fois que Macron parie sur lui, et lui seul. Et que, en penchant clairement à droite, il semble voir en une droite en recherche d’incarnation un danger plus grand qu’en une gauche en quête d’union.

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Cet article a 1 commentaire

  1. jocelyne ouang

    Il est grand temps de mettre fin au pouvoir solitaire qui débouche inéluctablement sur une dictature ! Le vote de 2022 sera un tournant décisif : soit #Macron est conforté dans son objectif soit nous renversons la table avec une constituante et une 6éRépublique repensée pour une véritable démocratie .

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