Même si, en France « le gros » de l’épidémie de Covid-19 est « derrière nous », dixit le ministre de la Santé, le virus circule toujours : 92 clusters sont encore actifs sur l’Hexagone.

Certains de nos voisins européens observent le même phénomène de foyers toujours présents, parfois inquiétants. En Italie, quatrième pays le plus touché avec plus de 34.400 décès, deux nids de contamination, totalisant plus de 120 cas positifs, sont sous surveillance : un au sud de Rome, l’autre à l’hôpital San Raffaele Pisana, à l’ouest de la capitale, où 109 infections, dont cinq mortelles, ont été détectées. Une enquête épidémiologique est en cours.

Le Portugal, jusque-là plutôt épargné par la pandémie (1.500 morts), est confronté à une hausse de cas positifs : 300 par jour, principalement dans la région de Lisbonne, ce qui correspond au seuil d’alerte sanitaire. La phase 3 du déverrouillage de la capitale a été décalée et ce rebond a conduit les autorités à instaurer d’un mini-confinement géographiquement ciblé, rapporte RFI.

Plus loin de nous, Pékin est carrément en train d’éviter une deuxième vague et a élevé sa réponse d’urgence au niveau 2 (sur 4), ont annoncé mardi les autorités chinoises. Alors qu’aucune infection n’avait été enregistrée depuis deux mois, 137 nouveaux cas ont été confirmés entre le 11 et le 15 juin. Ils sont tous liés au marché de gros de Xinfadi. Désormais fermé, il fournit 80% de la viande et des légumes de la ville.

Un potentiel de 200.000 contaminations

Une centaine de cas à l’échelle de l’Empire du Milieu, ça peut paraître peu, et, vu de loin, on se dirait presque que les Chinois en font des tonnes par rapport aux Européens. En réalité, si les autorités sont inquiètes, c’est parce qu’elles estiment à 200.000 le nombre potentiel de personnes qui ont été exposées au virus via ce marché gigantesque, le plus important d’Asie. 100.000 « travailleurs communautaires » ont été chargés de les retrouver en faisant du porte-à-porte. La capacité en tests est de plus de 90.000 personnes par jour, 70.000 ont été réalisés pour la seule journée de dimanche. 8.000 vendeurs et employés du marché ont été testés et transférés vers des sites centraux pour observation médicale.

Les premières études scientifiques visant à identifier la source du virus suggèrent que des produits contaminés sont entrés dans le pays depuis l’Europe et que la transmission inter-humaine s’est faite à partir de là. « Les importations à l’étranger restent le risque épidémique le plus important à Pékin », a indiqué mardi soir Chen Bei, secrétaire général adjoint du gouvernement municipal de Pékin. Le coronavirus a été détecté sur des planches à découper de vendeurs de saumon importé. Mais les autorités chinoises et norvégiennes affirment de concert que le saumon norvégien n’est probablement pas la source de la contamination.

Pas de preuve que le saumon soit en cause

Selon Shi Guoqing, directeur adjoint du Centre d’urgence chinois de contrôle et de prévention des maladies et membre du groupe d’experts national sur le coronavirus, il n’y a actuellement aucune preuve suggérant que le saumon soit « l’hôte ou l’hôte intermédiaire du virus ». Il a pu être contaminé avant l’importation, ou lors de la transformation ultérieure à son entrée sur le marché. « Nous pouvons dissiper l’incertitude et l’arrêt des exportations de saumon vers la Chine », a déclaré mercredi le ministre norvégien des pêches et des fruits de mer.

Une trentaine de quartiers à proximité du marché, répartis sur neuf districts, ont été verrouillés ainsi qu’une zone située autour d’un deuxième marché, où trois cas ont été confirmés. « C’est assez grave dans les districts de Fengtai et Daxing, Xinfadi a été bouclé par la police armée », a raconté un habitant de Pékin interrogé par Radio free Asia. Selon un autre témoin, « les secteurs où de nouveaux cas ont été détectés sont désormais sous haute sécurité, une pièce d’identité est exigée pour entrer ou sortir de certains complexes résidentiels ». Toute personne qui doit impérativement quitter Pékin doit fournir un certificat attestant d’un test négatif réalisé lors des sept derniers jours.

Le gouvernement de la ville de 21 millions d’habitants a ordonné la fermeture de toutes les crèches, écoles et universités. Installations sportives, gymnases et piscines sont également inaccessibles. Les déplacements interprovinciaux sont restreints. Environ 40% des vols à destination et en provenance de Pékin ont été annulés mardi et plusieurs liaisons intérieures suspendues. Sur 430 vols qui devraient décoller du nouvel aéroport international de Daxing mardi, environ 260 ont été annulés. Au total, les deux aéroports de Pékin ont annulé 1.200 vols depuis mardi.

Les jours à venir déterminants

« La tendance des cas confirmés dans les prochains jours sera cruciale pour déterminer l’évolution de l’épidémie », a prévenu Wu Zunyou, épidémiologiste en chef des Centres chinois de contrôle et de prévention des maladies. « Ceux qui ont contracté le virus devraient présenter des symptômes dans environ deux jours, et si les cas ne montent pas d’ici là, on pourra dire avec certitude que l’épidémie s’est fondamentalement stabilisée ».

Cette fois-ci, l’évolution de la situation va être suivie à la loupe depuis la France. Auditionné mardi par la commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire, Jérôme Salomon a indiqué que le pays était « prêt » pour faire face à une reprise de l’épidémie. « Ne pas s’y préparer serait une faute majeure », a ajouté le directeur général de la Santé. « La vigilance et la prudence doivent rester de mise avec les nombreux déplacements des vacanciers », a-t-il averti.  De quoi doucher un éventuel enthousiasme collectif un peu trop oublieux à quelques jours de la rentrée des élèves, enseignants et parents d’écoliers et de collègiens.

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