Éric Piolle et , avec Jean-Luc Mélenchon, lors des Amphis d’été de la France Insoumise à Châteauneuf -sur-Isère, dans la Drôme - Capture vidéo.
Éric Piolle et , avec Jean-Luc Mélenchon, lors des Amphis d’été de la France Insoumise à Châteauneuf -sur-Isère, dans la Drôme - Capture vidéo.

Une photo  marque  déjà cette rentrée politique : celle d’Éric Piolle, le maire EELV de Grenoble, largement réélu et qui a fait estrade commune, hier, avec Jean-Luc Mélenchon, lors des Amphis d’été de la France Insoumise à Châteauneuf -sur-Isère, dans la Drôme
Une complicité évidente entre les deux hommes, qui tranche avec le discours  des écologistes, globalement opposés à la France Insoumise et à son leader.

Pendant ce temps, à Pantin, Yannick Jadot, lui, lançait sa grande offensive pour la présidentielle. Même si elle ne dit pas son nom, l’eurodéputé qui se rêve en candidat pour 2022, demande à son parti d’accélérer la désignation de son candidat en interne pour boucler le processus en début d’année prochaine.

Pas question pour la direction qui veut temporiser, et regarde d’abord vers les échéances à venir : les sénatoriales en septembre, puis les régionales et les départementales, au printemps  prochain.  En creux, il y a surtout la détestation culturelle des écologistes pour le présidentialisme et tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à un « culte » de la personnalité. Daniel Cohn-Bendit, Nicolas Hulot ou Noël Mamère s’en souviennent encore.

Mais ces deux images, Piolle avec Mêlenchon, et Jadot tentant le leadership à Pantin, disent beaucoup des enjeux à venir. Le premier veut tenter une union large, d’abord avec l’aile gauche de la gauche, toujours considérée comme repoussoir par l’appareil du parti vert, qu’ils s’appellent Les Verts tout court ou EELV. Union ensuite avec le Parti socialiste. On a vu en Juillet le maire de Grenoble et la Maire de Paris, Anne Hidalgo, commencer à dessiner ensemble un arc rose/vert. On peut donc ajouter du rose vif/rouge au dessin de ce que pourrait être la gauche en 2022.

Éric Piolle, malin, ne claironne pas qu’il faut se substituer au PS, qu’il faut avancer seul, et laisser les Insoumis dans leur corner d’opposition radicale. Il choisit la stratégie des petits pas, sans  annoncer par avance qu’il veut prendre la tête de cette coalition.

Yannick Jadot lui, claironne, trompette sa couleur : il veut être candidat, l’affirme haut et fort, et joue sa partition en solo, en irritant prodigieusement une grande partie de la gauche qui reste majoritaire. Car si EELV a emporté quelques grandes villes, provoquant un effet de loupe et des analyses distordues sur une vague verte qui n’a pas eu lieu, la majorité des villes gagnées par la gauche l’a été grâce à des alliances solides entre le PS, EELV, la France insoumise et même le PC. Mais Yannick Jadot veut battre le fer pendant qu’il est chaud et s’imposer comme le leader incontesté de l’écologie en France.

Le problème, c’est le réel. Aujourd’hui, d’autres figures sont tout aussi crédibles que la sienne. D’abord, il y a Anne Hidalgo qui regagne Paris, confirmant ainsi une alliance bien huilée depuis des années et qui a fonctionné une nouvelle fois avec les écologistes. Il y a Eric Piolle, que l’opinion commence à découvrir et qui semble privilégier l’union de la gauche et pas seulement celle de plusieurs mouvances écologistes ou Génération-s, le micro parti de Benoit Hamon. 

Et puis il y a parti EELV. Dans son discours, le secrétaire général, Julien Bayou, a répondu aux ambitions de Yannick Jadot en citant le grand basketteur Michael Jordan : « Le talent permet de gagner des matches, mais l’esprit d’équipe et l’intelligence collective permettent de gagner les championnats ».  Piolle 1 / Jadot 0.

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Cet article a 5 commentaires

  1. Emma

    Une alliance de partis de gauche pour quoi faire ?
    Sur quelle base ?
    – 6ème république ?
    – europe ?
    – écologie et libéralisme ?
    Diriger Paris et la France ce n’est pas vraiment les mêmes enjeux.

  2. J. F. Launay

    Dans les municipalités conquises – ou sauvegardées – par les Verts et essentiellement le PS, la France insoumise n’a que peu était partie prenante (sauf erreur, Mélenchon a même désavoué sa suppléante qui à Marseille a rallié l’alliance de gauche).
    Et comme l’énumère ‘Emma’ FI est anti-européenne – contre donc le reste de la gauche – et veut une constituante pour une 6e république qu’elle est seule à prôner.
    Il est absolument improbable d’ailleurs que Mélenchon s’efface devant une candidature d’union.

    1. Emma

      La FI n’est pas anti européenne, elle est contre l’Europe ultra libérale et anti démocratique que l’on nous impose.

  3. Rosa

    Sans le parti de gauche, en 2014, Eric Piolle et les Verts n’auraient sans doute pas ( mais qui le sait ? ) ravi la municipalité de Grenoble aux socialistes ( tendance Fioraso donc macroncompatibles) installés depuis des décennies. Depuis, le PG a subi des félures et des trahisons en son sein même , il n’est qu’à lire le journal  » satirique  » du coin, Le Postillon, pour en être informé .

  4. Emma

    La FI n’est pas anti européenne, elle est contre l’Europe ultra libérale et anti démocratique que l’on nous impose.

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