La plage de La Baule ce 21 mai 2020 sous covid19 - Photo Jérôme Fouquet / Ouest France

Comment le dire plus simplement ? Ce week-end de l’Ascension tourne littéralement au grand bazar.

Prenons les plages. Certes, la quasi-totalité d’entre elles sont des plages non statiques, mais les balades confinent parfois à l’embouteillage, si j’en crois les images de la Baule par exemple.

Les gens vont se baigner, reviennent se sécher, croisent des gens qui marchent, qui courent. Evidemment, personne ou presque ne porte de masque. Vous ajoutez trois kitesurfs, deux planches à voile et le compte est bon … au bonheur du virus s’il circule encore.

Dans la capitale, les parisiens s’agglutinent sur les marches de Montmartre, les quais de Seine, tout au long de l’île saint Louis ou au bord du canal saint Martin, là encore avec très peu de masques.

Critiques et gorges chaudes sur ces satanés parisiens qui ne respectent décidément rien … sauf que lorsqu’on vit dans l’une des villes les plus denses au monde, 22.000 habitants au kilomètre carré, on peut comprendre ce phénomène de masse. Et on ne comprend toujours pas pourquoi le gouvernement refuse la réouverture des parcs et des jardins, avec masques obligatoires, ce qui permettrait de désengorger les trottoirs et les quais.

Le grand n’importe quoi, c’est aussi cette interdiction de se réunir à plus de 10 mais ces manifestations qui se déroulent, soit devant les hôpitaux comme devant Robert Debre hier, soit sous forme de marche blanche à Argenteuil en mémoire d’un adolescent, Sabri, mort dans un accident de moto.

Entendons-nous bien, loin de moi l’idée de remettre en cause une manifestation quelle qu’elle soit. Je note juste l’incohérence dans la règle.

Autre paradoxe et non des moindres. On apprend par un tweet claironnant de Philippe de Villiers qu’Emmanuel Macron a échangé avec lui et lui assure que la préfecture travaille sur la réouverture du Puy du Fou début juin.

Oyez oyez, réjouissons-nous pour ce son et lumière de la France supposément éternelle. Mais que vont penser les Vieilles Charrues de Carhaix ou le Festival d’Avignon, sans parler bien sûr des milliers de représentations théâtrales, ou des arts de la rue, qui font la richesse de la France en été.

Et quid de Disneyland ou du parc Astérix ? Cet échange donne le sentiment d’un passe-droit insupportable. Et si le Puy du Fou rouvre, pourquoi pas le Louvre, ou les cinémas ? Et si, et si, et si …

« Accélération plus freinage égale tête à queue »

Pourquoi un tel sentiment de bazar ? Car il y a un double mouvement aujourd’hui dans l’exécutif : l’accélération voulu sur le plan économique pour que le pays reparte.

Il aura suffi d’une simple phrase du premier Ministre, la semaine dernière sur les vacances possibles cet été, pour que tout s’emballe et que tous les dominos tombent un par un.

Accélération d’un côté et pied sur le frein de l’autre car personne ne sait véritablement où en est ce virus. Si la contagion semble largement ralentie, on ne peut pas affirmer qu’elle ne repartira pas, ni à quelle date. Le manque crucial de tests au début de la pandémie nous a fait prendre un retard considérable, non seulement dans la prévention et la lutte mais dans la connaissance de la situation réelle épidémiologique, sur le nombres de personnes ayant été en contact avec le virus. En clair, la encore nous avançons au doigt mouillé, ce qui explique ces coups de frein à répétition. Accélération et freinage égale tête à queue.

L’image brouillée, presque chaotique de ce week-end de l’ascension, de ces ordres, de ces contre ordres, de ces plages remplies, de ces routes surchargées mais de ces rames de tgv vides à 75%, tout cela laisse présager un jugement aussi sévère de la part de français sur la sortie de crise qu’ils l’ont eu sur sa gestion.

Et on pourra s’interroger longtemps sur cette délégation de responsabilité laissée aux maires, dont on se gargarise depuis des jours. Il aurait fallu, avant de déléguer tous azimuts, définir une règle stricte, valable sur tout le territoire : masques obligatoires dans tout espace public, rue, parc, plages, trottoir, magasins, musée, métro, bus. Tout espace public. Une règle de bon sens qui aurait atténué certainement ce sentiment de confusion et, pour tout dire de bazar incontrôlé.


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