Emmanuel Macron - Michel Platini
Emmanuel Macron - Michel Platini - Montage photo Élysée et Nazionale Calcio (Creative Commons).

C’est une affaire qui tombe au plus mal pour la présidence Macron.
Dans un papier très documenté, et basé en partie sur des écoutes judiciaires, Mediapart affirme que Michel Platini aurait déclaré avoir eu l’engagement personnel d’Emmanuel Macron de l’ « aider » judiciairement dans ses affaires liées à la FIFA, et plus précisément à l’organisation de la Coupe du Monde de football au Qatar en 2022.

Mediapart va plus loin, et raconte une entrevue discrète à l’Élysée entre le Chef de l’État, Michel Platini et le journaliste Jacques Vendroux, figure incontournable du foot français. Ce rendez vous aurait eu lieu en mars 2018.

Le journal affirme également qu’un haut magistrat de la cour de cassation, Michel Debaq, proche d’Emmanuel Macron, se serait impliqué personnellement dans ce dossier dont il n’avait pourtant pas la charge.

L’Élysée dément vigoureusement ces informations.
Qui tombent au pire moment, après le naufrage électoral pour la majorité présidentielle et avant un remaniement à haut risque, un premier ministre qui semble sur le départ et la difficulté à composer une nouvelle équipe gouvernementale censée relancer la dernière partie du quinquennat, sur fond de crise économique sans précédent.

Une affaire qui tombe mal également au moment où s’accumulent les doutes de plus en plus prégnants sur l’institution judiciaire et la séparation des pouvoirs. Les déclarations de l’ancienne procureur du parquet national financier, Eliane Houlette ont jeté le trouble sur le tempo et l’instrumentalisation possible de la justice dans l’affaire Fillon.

Trouble également sur la séparation des pouvoirs avec lettre écrite par Emmanuel Macron, président en exercice, au même parquet financier pour disculper son secrétaire général, Alexis Kholer dans l’enquête sur d’éventuels passe-droits pour l’armateur italo-suisse, MSC, auquel il est lié familialement. Trouble enfin dans l’affaire Adama Traoré pour laquelle Emmanuel Macron aurait demandé à Nicole Belloubet de regarder de plus près le dossier et de recevoir la famille qui a refusé.

Il ne nous appartient pas de juger le vrai du faux dans ce nouvel épisode. Nous n’avons pas le savoir faire et la capacité d’investigation de Mediapart. En revanche, il est évident que cette nouvelle secousse va aggraver un peu plus encore le sentiment de défiance à l’égard de ceux qui nous gouvernent.

À l’égard aussi d’une institution, la Justice, qui, dans une démocratie, représente le dernier rempart de neutralité pour tout citoyen, le pôle d’équilibre où chacun devrait être véritablement égal en droit. Cette institution ne peut souffrir le moindre doute sur son intégrité, au risque d’affaiblir la république dans son ensemble.

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