Le Louvre et sa pyramide en juillet 2014 - Photo Hernan Irastorza - Creative Commons.
Le Louvre et sa pyramide en juillet 2014 - Photo Hernan Irastorza - Creative Commons.

Comme il parait loin le temps où la France se targuait de ses millions
de touristes qui se bousculaient dans ses rues, ses monuments, pour ne
pas en rater une goute. Très loin… Un an déjà ! Entretemps, une
minuscule infection nommée Coronavirus, et une maladie la Covid-19, sont passées par là, imposant un strict confinement de deux mois au pays de
Cocagne ; promettant le pire pour les mois qui suivraient sur
l’activité touristique.

En effet, la Covid a créé le vide, y compris et surtout dans la ville la plus visitée au monde, Paris.
Si le marasme touche toutes les régions françaises, la Capitale se
distingue par la fuite de ses touristes, notamment les riches
étrangers. Mais où sont passés les Américains, les Japonais, les
hordes de Chinois prêts à dépenser leur euros par milliers ? Au Sacré
Cœur, près de la Tour Eiffel, sur les Champs Élysées, nulle trace de
ces touristes-nourriciers de l’économie estivale française. Car avec
ses plus de 80 millions de visiteurs par an, cette manne représente
plus de 7% de l’économie nationale. Et que feront les Français, sortis
essorés du confinement ? Compenseront-ils ces pertes ? Se
montreront-ils fourmis, même cet été ?

Cet été, les touristes en France seront français !

Paris n’est pas la seule concernée. Tout l’Hexagone souffre d’une
saison ensoleillée à l’encéphalogramme totalement plat. Certes, la
période des vacances vient de commencer, et le pire n’est jamais sûr.
Les entreprises de tourisme s’accrochent, en effet, à un dernier
espoir : que les Français redécouvrent les charmes fous de leur propre
territoire. Les chiffres leur donnent raison, puisque 83% des Français
envisagent des séjours en vacances, malgré la crise sanitaire. Mieux
encore, 67% d’entre eux prévoient de rester en France. Sans compter
les habituels Belges, Suisses, et Espagnols qui ne devraient pas
manquer à l’appel des atouts paysagers, culturels et culinaires de
leur voisin.

Face à ce défi économique, le gouvernement ne reste pas les bras ballants, en soutenant la filière, du moins, en lui évitant le pire par
des aides financières : « Le tourisme fait probablement face à la pire
épreuve de son histoire moderne, alors même que c’est un des fleurons
de l’économie française, son sauvetage est donc une priorité nationale

» déclarait Edouard Philippe dès le mois de juin. Ainsi, plus de
62.000 de ses entreprises liées au tourisme ont bénéficié de 6,2
milliards d’euros de prêts garantis par L’État.

Des aides et des dettes pour l’activité touristique

À écouter le gouvernement, il pleut des milliards sur l’activité
touristique comme à Gravelotte : « L’effort d’investissement de l’Etat
sera porté par la Banque des Territoires et Bpifrance qui ont
formalisé un plan de relance Tourisme commun de plus de trois
milliards d’euros de financements entre aujourd’hui et 2023
»,
notamment sous la forme de prêts et d’investissements. Il n’empêche,
la morosité demeure, et les derniers espoirs se meurent…
Car si les entreprises se félicitent de ces financements tombés du
ciel, leurs représentants s’affichent sceptiques, tellement ces aides
reposent sur des crédits au long cours qu’il faudra bien rembourser un
jour : « Les milliards annoncés par le gouvernement c’est beaucoup,
beaucoup de dettes, ce qui est angoissant pour nos entreprises
»,
s’inquiètent déjà Didier Chenet, président du syndicat patronal GNI
Synhorcat. Réaction similaire du côté de l’Umih : « les dettes
reportées devront être remboursées, au terme d’une année 2020 où le
chiffre d’affaires aura été au mieux la moitié de celui de l’an
dernier
».

Cette séquence noire pour le tourisme révèle les failles du tourisme
de masse en France en particulier. Un grain de sable ou de virus peut
faire s’écrouler une activité que l’on croyait pérenne, une espèce de
déterminisme économique. Ce que constate Hubert Vendeville,
spécialiste en management du développement durable, qui avertit : « Il
faut diversifier l’offre touristique, il faut tenter d’étaler
géographiquement et aussi dans le temps la gestion des flux de
touristes
»… Quand ces touristes reviendront en France.

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