Elle fait mal, cette Une de Libération. Une gauche éparpillée façon puzzle et qui acte la domination des hommes dans le champ politique. Olivier Faure, Éric Piolle, Jean-Luc  Mélenchon, Yannick Jadot, François Hollande, Fabien Roussel. Pas de Ségolène Royal, pas de Martine Aubry, pas de Anne Hidalgo qui font pourtant jeu égal dans les sondages, et souvent même dépassent ces messieurs.

Mais voilà, Libération a choisi les hommes, les leaders, les têtes d’affiche. C’est son choix et comment lui en vouloir ? Le rouleau compresseur est passé par là. À droite, ça n’est pas mieux. Qui concourt en tête de gondole ? Xavier Bertrand, François Baroin, Bruno Retailleau, Allez, laissons un strapontin à Valérie Pécresse et le second à Rachida Dati.
Et que dire des institutions ? Ou sont les femmes autour d’Emmanuel Macron ? Dans son cabinet, ses conseillers ? On cherche. Qui préside l’assemblée ? Le Sénat ? Le conseil constitutionnel ? La cour des comptes ? C’est encore un homme qui est secrétaire général du Conseil d’État.

Où sont les  femmes ? Sommes-nous moins intelligentes, cultivées, stratèges ? Non. Bien sûr que non. Avons-nous moins de talents oratoires, de culture politique, de connaissance des arcanes partisanes ? Non. Bien sûr que non ! Alors, que s’est il passé pour que la seule candidate à la magistrature suprême soit d’extrême droite et qu’elle soit, qui plus est, la seule présidente  d’un parti d’importance ? Il fut une époque où Martine Aubry dirigeait le PS, et Dominique Voynet et Cécile Duflot LesVerts, Michèle Alliot-Marie  le RPR. Ces partis se portent-ils mieux depuis qu’ils sont gérés par des hommes ? Et que dire de la majorité présidentielle, qui devait tout révolutionner ? Ou sont les femmes en macronie ? Éclairez moi. La seule femme dont on parle, qui semble avoir une influence et un poids politique réels, finalement, reste … Brigitte Macron.

Pourquoi est-ce si dur pour les femmes ? 

Parce qu’elles sont disqualifiées par avance. Le débat public et médiatique, bien souvent mené par des hommes, se montre volontiers ricanant et sévère dès qu’une femme accède à une fonction politique. Une femme qui se met en colère est une hystérique. Un homme qui se met en colère a de l’autorité. Une femme qui change d’avis est une folle. Un homme qui change d’avis est un sage. Imaginons une seconde Martine Aubry ou Ségolène Royal gouvernant en zig zag, en aller retour,  en marche arrière, comme le fait Emmanuel Macron depuis 3 ans ? Qu’aurions nous entendu ? Je vous laisse imaginer la chose. On pardonne tant aux hommes la où on l’on est impitoyable avec les femmes. On les juge sur tout : leur voix, leurs mots, leurs fringues. Souvenons-nous de ce que Martine Aubry subissait sur ses tenues ou Cécile Duflot sur ses jupes à l’Assemblée. 

Ne parlons même pas des photos de Ségolène Royal, pendant la présidentielle, ou certaines unes ne montraient que ses talons. Vous avez oublié ? Rafraîchissons-nous la mémoire et rappelons nous comment la candidate socialiste a été disqualifiée sur une colère dans le débat de l’entre deux tours, alors que le vainqueur épuisa pendant 5 ans la France avec sa folie de com, ses colères et son manque de sagesse, bien loin de la fausse zénitude qu’il avait affichée pendant ce fameux débat. Rappelons-nous ce qu’a subi Christiane Taubira, femme et noire, au ministère de la justice. « Parce qu’elle était nulle », disent ses détracteurs ! Mon œil ! Et ne parlons pas de Najat Vallaud-Belkacem et de Rachida Dati en son temps. Ah ça, on aime bien les femmes  présidentes de régions, maires, voire ministres. Mais quand il s’agit d’accéder aux postes clés, ceux qui font tourner la République, la fête est finie. Avez-vous déjà entendu parler d’une femme directrice du Trésor ? D’une femme présidente de l’Assemblée ou du Sénat ? A-t-il jamais été question d’une femme présidente du Conseil Constitutionnel ? Non ! Tout cela doit rester une affaire d’hommes. Il est là, le véritable plafond de verre.

Et que dire des femmes qui tapent  comme des sourdes sur ces femmes ? Les pires détracteurs de Ségolène Royal, en 2007, furent des femmes. On se souviendra longtemps, pour symboliser ce mépris, du terrible édito de Marcela Iacub «  La cruchitude ». Ne parlons pas de ce que Martine Aubry a subi, sur les 35h ou lorsqu’elle était patronne du PS. Aujourd’hui, les héroïnes sont fatiguées. Usées. Laminées par le combat politique mais, avant tout, par les coalitions masculines,  ces conjurations d’hommes qui se détestent cordialement mais détestent encore plus l’idée qu’une femme puisse les supplanter. Nous avons beaucoup de chemin à faire pour faire émerger la force des femmes. Elles ont démontré, à l’aune de la pandémie, qu’elles savent gérer mieux que quiconque ce type de crises majeures.

Et c’est bien deux femmes qui se sont imposées dans cette crise : Angela Merkel et, aux antipodes, Jacinda Ardern, la première ministre de Nouvelle Zélande. Sobriété, efficacité, sans effets de manche, et humanité : un cocktail bien éloigné des rodomontades de ces grands mâles blancs qui croient dominer. Je force le trait volontairement. Tous les hommes politiques ne sont pas des affreux jojos sans valeurs mais on se prend à rêver d’une présidentielle, un jour, d’une gauche ou d’une droite, un jour, qui parviendraient à s’unir autour d’une femme. Un jour.

Partagez cet article :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nos dernières publications :

Cet article a 1 commentaire

  1. marin gabrielle

    il
    ntéressant ; quand verrons nous les femmes aux pouvoirs alors que l’on sait que partout elles sont supérieurs aux hommes (résultats scolaires) ; en fait sans doute les femmes font peurs aux hommes ; sans doute beaucoup plus de changement en tout ; ça fait peur

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.