Profs - Policiers - Soignants
Profs - Policiers - Soignants, la République - Photos Calliege - Daniel Perron - doubichlou14 - Montage Nos Lendemains.

Ceci n’est pas une analyse exhaustive. Ceci est une humeur.

Alors que le bashing des professeurs bat son plein, dans une campagne alimentée par le ministère de l’éducation nationale, mon sang ne fait qu’un tour lorsque j’entends parler de profs décrocheurs, de la bouche même de jean Michel Blanquer. On se dit d’abord qu’il ferait mieux de s’attaquer aux élèves décrocheurs. Et j’aimerais bien savoir sur quelle base, quel retour d’expérience, à part des lettres ouvertes de parents d’élèves, s’appuie-t-on n pour évoquer 4 à 5 % de profs tire-au-flanc, soit 40.000 enseignants sur les 800.000 en poste actuellement. Quel est ce chiffre, d’où sort il a part du petit doigt mouillé ?  

Étonnant aussi de voir ceux qui refusent de faire des amalgames entre les policiers ripoux et la police dans son ensemble, ne pas se gêner, en revanche, pour utiliser ce pourcentage bidon et généraliser sur les profs, « cette bande de fainéants qui éduquent mal nos enfants et sont toujours en vacances ». Je caricature mais nous ne sommes pas loin. Des critiques qui font mal car elles s’adressent à un corps essentiel de notre nation déjà largement t en souffrance depuis des années : manque d’effectifs, salaires médiocres, pression de la hiérarchie, des parents, des élèves et pas vraiment de reconnaissance de la Nation. Je comprends que ce procès a posteriori d’une période où ils ont fait de leur mieux avec les moyens du bord, totalement déboussolés par les ordres et les contre-ordres du ministère, je comprends à quel point ces reproches sont lourds.

Comme je comprends aussi la colère des policiers, qui comme les professeurs, occupent une place fondamentale dans notre République et sont secoués, depuis des années par une surcharge de travail, des salaires médiocres, des conditions de travail souvent indignes de la 6ème puissance mondiale et des injonctions contradictoires dans la chaîne de commandement, notamment dans la gestion des gilets jaunes.  Laissés seuls ou presque dans un face à face mortifère avec les manifestants, pour seule réponse politique du gouvernement pendant des semaines. Là encore, les accusations de racisme de certains de leurs éléments, tout à fait justifiées, ont été vécues comme du gros sel sur une plaie ouverte.

Et que dire des soignants, les combattants de cette guerre, envoyés au front démunis et qui, depuis des années, mettent en garde contre l’asphyxie du système, le manque de lits, la lourdeur administrative, la gestion budgétaire de la médecine. Que dire des salaires indignes, là encore très en dessous du niveau moyen de l’OCDE. Et qui ont le sentiment, pour nombre d’entre eux, d’être roulés dans la farine dans ce Ségur de la santé qui avance à la vitesse d’un escargot et ne dessine, pour le moment aucune amélioration.

3 grands corps malades, qui pourtant sont les piliers de notre société française.

3 grands corps malades qu’on ne cesse de glorifier dans tous les discours politiques mais dont on n’améliore guère la situation concrètement.

Alors quitte à faire des Grenelle de ci, des Segur de ça, commençons donc par les augmenter de façon substantielle, de mieux leur parler plutôt que de multiplier des phrases à l’emporte-pièce et de régler sans esbroufe et sans électoralisme leurs dysfonctionnements et leurs impasses.

Partagez cet article :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nos dernières publications :

Cet article a 3 commentaires

  1. PICHON

    Tous ceux qui se sont donnés sans compter pendant cette crise sanitaire , soignants, enseignants,policiers vont être dézingués. Tous des feignasses de fonctionnaires…. Le libéralisme à fond.
    Savez-vous que le 8 juin, ils ont annulée la prime pour le personnel des EHPAD et USLD.
    Nos anciens morts, les soignants morts faute de protection oubliés…..
    Un scandale. La honte.

  2. dad

    Un grand merci Françoise pour vos mots si justes sur nos maux.

    Une fonctionnaire dévouée mais blasée.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.