Image LCI des "échauffoureés" consécutives à la défaite du PSG face au Bayern de Munich.

Voitures brûlées, magasins pillés : le même film à quelques jours d’intervalles s’est donc déroulé hier soir après la finale de Ligue des Champions, perdue par le PSG face au Bayern de Munich. Et ça n’est certainement pas la tristesse sportive qui est à l’origine de ces exactions intolérables.

Imaginons la scène si Paris avait gagné, entraînant ainsi des milliers de supporters et leur cortège de casseurs, sur la plus belle avenue du Monde. Même causes, même lieu, même effets. À ce stade, on peut à nouveau s’interroger sur le choix du lieu justement, les Champs-Élysées qui, années après années, deviennent un champ de bataille récurrent, entre policiers et casseurs. On peut également se demander pourquoi ce lieu est autorisé pour ce type de manifestations qui dégénèrent systématiquement.

On me rétorquera qu’il ne faut pas gâcher une grande fête populaire, que les Champs, c’est la France et qu’on ne voit pas comment faire autrement. Certes, mais que dire aux commerçants qui vivent désormais avec cette « maladie » depuis 3 ans, se sont habitués à barricader leurs restaurants, magasins, comptoirs, pour tenter d’échapper aux saccages ? Sur site aux habitants qui descendent et retrouvent leurs voitures brûlées ? Que dire aux passants, aux touristes qui assistent, éberlués, à ces scènes répétitives auxquelles malheureusement, nous nous habituons ? Qu’il s’agit d’une sorte de folklore national ? Autre question métaphysique : comment 3000 policiers chargés de sécuriser les lieux ne sont pas parvenus à empêcher ces exactions ? Sommes-nous face à des troupes de type «black block », très entraînées, qui préparent leurs destructions bien longtemps à l’avance, programment, organisent, planifient, ou bien à des supporters enragés qui profitent de l’effet d’aubaine d’un mouvement de foule pour se servir dans une bijouterie de luxe ? 

Bien sûr, il y a eu des interpellations, bien sûr le ministre Gerald Darmanin, a passé sa soirée à twitter, sur tous les tons, menaçant les casseurs ou encourageant pour ses troupes, attentif à la situation, comme d’ailleurs twittait toutes les heures son prédécesseur, Christophe Castaner. En 1976, après une finale de Ligue des Champions, perdue par Saint-Étienne face au même Bayern, les Stéphanois avaient tout de même défilé triomphalement sur ces Champs-Élysées, portés par la ferveur d’un pays qui ne faisait qu’un avec cette équipe mythique, signant la revanche sociale d’une ville minière. Hier soir, les joueurs du PSG sont rentrés penauds et tristes, à leur hôtel de Lisbonne, pendant que des casseurs dévastaient ces mêmes Champs-Élysées au cœur de la nuit. Autres temps, autres mœurs.

Victoire ou défaite, les citoyens aurait compris qu’on interdise, dans tous les cas, l’accès à l’une de nos vitrines françaises, après la séquence désastreuse de mardi dernier, lors de la qualification en finale, et à fortiori par temps d’épidémie et de rebonds. Peut-être aurait-il fallu choisir un autre lieu, comme les Invalides, le Champ de Mars, plus déserts en termes de commerces et de vie urbaine ? 

Hier soir, nous commencions à regarder, après le coup de sifflet final, ces attroupements, ces tirs de fumigènes et nous savions, toutes et tous, que la nuit ne serait pas calme. Si nous le savions, nous, simples mortels et peu versés dans la technique du maintien de l’ordre, les autorités pouvaient le présumer. Quand va-t-on cesser de livrer cette avenue aux casseurs ? Quand va-t-on se donner les moyens de les empêcher de nuire ? C’est une question qui mérite une réponse claire. Et pas seulement une avalanche de tweets de dénonciation et de menaces.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    Effectivement…
    Rien de nouveau sous le soleil …
    Par contre ce qui est intéressant c’est que lors des manifestations des gilets jaunes les chaînes en continue repassaient en boucle les casseurs en pleine action…les images du boxeur sont passées 900 fois en une semaine sur BFM…. mais là aucun casseur en action… juste quelques vitrines cassées.. rien de sensationnel… pourtant moult équipes télé devaient être sur place pour couvrir la victoire ….
    Il y a violence et violence !!!!!

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