Même pas peur ! Anne Hidalgo, mal partie pour cette élection présidentielle de 2022, n’en démord pas, elle ira jusqu’au bout, malgré les quolibets, les reniements de ses alliés putatifs écologistes, insoumis et communistes. Il faut voir comment ils ont accueilli la proposition de la maire de Paris d’une union de toute la gauche avant le 1er tour. Chacun se parant d’une dynamique individuelle, pourtant inexistante dans les sondages : en moyenne, 8% pour Mélenchon, 7% pour Jadot, 5% pour Hidalgo, 2% pour Roussel. Autant dire, toute la gauche dans les choux gainsbouriens. Tant pis, personne ne veut manger de ce pain-là, accusant la candidate socialiste de refuser d’avaler son chapeau. Que croyaient-ils ? Que la maire de Paris allait abandonner la partie. Non, dès dimanche, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, lui concoctait un meeting à Perpignan où les socialistes ont pu se croire aux plus belles heures de leurs conquêtes électorales.

Et le passé parle pour eux. Le temps où la gauche osait l’union, certes avec un parti socialiste sûr de lui et dominateur, comme disait le Général, mais qui garantissait à tous ses alliés des mandats, des postes, et une visibilité autant nationale que locale ; en  particulier les écologistes et les communistes. Ensemble, ils furent de tous les gouvernements, garantissant le meilleur de la gauche, dès l’accession de François Mitterrand en 1981 marquée par ses avancées sociales : Impôt sur la fortune, augmentation du SMIC, 39 heures, retraite à 60, cinquième semaine de congés payés, lois Auroux sur le travail. En matière sociétale, remboursement de l’IVG, abolition de la peine de mort, régularisation des sans papiers. Et malgré la peur bleue de la droite, 4 ministres communistes étaient invités à la table de Matignon. De là, ils allaient peser sur un PS à leurs yeux coupable de prudence… À l’époque, l’écologie de René Dumont ne faisait pas la Une de l’actualité, ni partie des préoccupations des Français.

Gauche plurielle : 1997-2001 années héroïques

Il faut attendre la victoire du parti socialiste aux élections législatives anticipées et imprudentes, de 1997, décidées par le président Jacques Chirac pour que la question de l’environnement devienne une priorité gouvernementale. La patronne des Verts, Dominique Voynet, est nommée ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement de 1997 à 2001. Tout comme au début des années 1980, l’heure est encore aux acquis sociaux, après deux passages de la droite au pouvoir, sous le régime de la cohabitation. Flanqué de sa dream team de ministres que les autres partis lui envient : Aubry, Strauss Khan, Voynet, Lionel Jospin se lance à son tour dans un mieux disant social dès 1997. La majorité plurielle composée des socialistes, des communistes et des écologistes votent des lois d’avant-garde sur les terrains social et sociétal : 35 heures hebdomadaires, emplois jeunes, couverture mutuelle universelle (CMU) pour les plus pauvres, allocation personnalisée d’autonomie pour les personnes âgées, instauration du congé paternité, PACS, parité généralisée pour les élections, entre autres acquis. Certes, le mandat de François Hollande ne fut pas forcément marqué par sa dimension progressiste. Il n’empêche, on lui doit, le vote de la loi sur le mariage pour tous qui entraînera de vastes manifestations des conservateurs, dont Valérie Pécresse elle-même. Également l’incertaine loi climat et la loi sur la fin de vie. Autant dire, un bilan très maigre.

Au final, dans l’union, la gauche a permis de placer la France parmi les pays les plus socialement avancés. Aujourd’hui à la peine, la gauche affronte l’élection présidentielle affaiblie, divisée pour ne pas dire comateuse, avec une tête de proue, Jean-Luc Mélenchon, qui plafonne à… 9%. De quoi donner raison à Anne Hidalgo quand elle en appelle à l’union, par l’organisation de la Primaire populaire qui désignera le représentant de la gauche en 2022. Un électorat de la gauche agacé par les divisions de son camp. C’est ce que la candidate du parti socialiste est venue dire au meeting de Perpignan, dimanche dernier, quitte à se répéter aux yeux de candidats mieux placés qu’elle dans les sondages.
Qu’à cela tienne, devant un auditoire convaincu, et pas encore vaincu, Anne Hidalgo a asséné son crédo : « Sans union, il n’y a pas de destin pour la gauche, mais sans la gauche, ce n’est plus la France, ce n’est plus la démocratie. Nous allons tout tenter pour réaliser cette union. Il nous reste le temps de débattre fraternellement devant les citoyens, de nous soumettre à leur verdict et de l’accepter. La division, c’est la résignation, c’est l’impuissance, c’est l’abstention. Alors : réveillez-vous !« 

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Cet article a 2 commentaires

  1. Emma

    Qu’appelez vous de vos voeux ? Un quinquennat hollande bis ?
    La faiblesse de la gauche ne vient pas de sa désunion mais de ses trahisons successives

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