Affrontements avec la police en Italie à la suite de nouvelles restrictions anti-covid19, lundi 26 oct. dernier - Capture vidéo France24.
Affrontements avec la police en Italie à la suite de nouvelles restrictions anti-covid19, lundi 26 oct. dernier - Capture vidéo France24.

En Europe, les confinements sont comme les paysages, ils changent en fonction des contrées plus ou moins tolérantes à l’enfermement sanitaire. Si dans certains pays il est supporté, dans d’autres la tâche s’avère plus ardue. Mobilisations, manifestations, révoltes contre les masques. Souvent, derrière ces oppositions, se cachent des armées de complotistes situés aux marges de l’extrême droite. De l’Italie, à l’Allemagne en passant par la France et l’Espagne, panorama des situations sanitaires, des mesures de précaution, et des réactions qu’elles suscitent en ce second épisode automnal de Covid 19.

La seconde vague en Europe ? On l’attend depuis cet été, et elle est arrivée sans crier gare d’une manière exponentielle, partout. Une espèce d’union européenne de la pandémie. Pour la contrer, à chacun sa méthode, de la plus douce à la plus radicale. L’Espagne, malgré une discipline exemplaire, marquée par un mois de mars douloureux, a opté pour une solution progressive : un état d’alerte sanitaire de quinze jours, par l’instauration d’un couvre-feu entre 23h00 et 6h00 du matin, avec des commerces alimentaires et pharmacies ouvertes. Petite originalité à Barcelone où les autorités locales ont imposé la fermeture des grandes surfaces au profit des petites boutiques… Et ça marche ! On observe en Catalogne une baisse du nombre de contaminations.

En Italie et en Allemagne les opposants au confinement dans la rue

Comme l’Espagne, l’Italie a connu un douloureux printemps sanitaire qui s’est transformé en hécatombe, avec des hôpitaux submergés, incapables d’accueillir tous les malades du coronavirus. Il aura fallu une exigence à la chinoise pour que le nord du pays sorte du trou noir de l’épidémie. Et pourtant, la seconde vague, et les masques qui l’accompagnent réveillent la colère des plus agités du bocal : l’extrême droite salviniste, les complotistes, les contempteurs de l’Union européenne. Dans ce pays, face à la résurgence de l’épidémie, le gouvernement a décidé d’organiser les régions en trois parties qui auront en commun un couvre-feu nocturne, avec possibilités de fermetures des centres commerciaux le week-end et des établissements accueillant du public. Des mesures qui entrainent la colère des plus extrémistes.

À Bologne des centaines manifestants aux saluts fascistes se sont opposés au carabinieris. Même spectacle d’oppositions tentées de brun à Rome, Milan et Turin contre les confinements et les masques.
Parfois, l’opposition au confinement et aux masques se confond avec les grands combats des complotistes. En Allemagne la jonction est faite. Contre les décisions sanitaires d’Angela Merkel de reconfinement pour 4 semaines prises fin octobre, les opposants ont sonné le tocsin. Au pays de Goethe, s’unissent une kyrielle de conspirationnistes de bon ton : antivaccins, antimasques, anticonfinements, et tous cornaqués par l’AFD, parti d’extrême droite allemand très présent, notamment, à l’Est du pays. Déjà, dès le mois d’août, des centaines d’entre eux s’étaient rassemblés sur les marches du Reichtag, pour essayer d’y pénétrer, et envahir ce lieu de la démocratie allemande, malgré la forte présence d’un cordon de policiers.

À coté de ses voisins turbulents, la France fait figure de « pays qui se tient sage« , pour citer le titre du documentaire de David Dufresne. Ici, le gouvernement même impopulaire, et accusé de mal géré les effets du Covid 19, peut imposer les masques, le couvre-feu, et même le confinement sans que ça ne réveille les extrémistes et les illuminés tricolores. Après 35 000 morts du coronavirus au compteur, la peur d’une forte contagion, des hôpitaux en tension, il suffit que l’exécutif décide pour que le peuple s’exécute. Il est vrai que le confinement actuel, avec des salariés à leur poste, des élèves en cours, et une circulation automobile intense, s’apparente plus à un couvre-feu qu’à un strict confinement.

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