Montage Nos Lendemains.

Oui, Emmanuel Macron a eu raison de réagir vite et fort en rappelant notre ambassadeur de France en Turquie après les propos insultants de Recep Tayyip Erdogan sur sa santé mentale.

Oui, le Président français a raison de ne pas laisser faire la Turquie à sa guise en Méditerranée orientale et de tenter d’enrayer la folie expansionniste et agressive de celui qui voudrait incarner le nouveau Sultan de la Sublime Porte et fédérer autour de lui les islamistes du monde entier dans leur colère et leur rage contre le modèle occidental. Et c’est en cela que les propos d’Erdogan ne relèvent pas de la simple provocation mais bien d’une véritable stratégie. Insulter ainsi le chef de l’État au nom de la publication des caricatures du prophète et de la détermination de la France à poursuivre inlassablement sur la voie de la liberté d’expression, c’est renforcer le soutien aux islamistes radicaux et tenter de gagner les cœurs de tous ceux qui, dans notre pays, n’ont pas encore basculé dans cette voie mais sont à la lisière. Agresser ainsi la France, c’est faire une sorte de clin d’œil pervers à ces croyants à la lisière de la République et de la radicalité. C’est leur dire « moi, je vous comprends » et c’est ainsi les pousser un peu plus encore sur un chemin mortel.

Insulter ainsi le chef de l’État, c’est aussi nourrir un peu plus encore le discours complétement abrasif, explosif, et binaire qui se développe en France depuis l’assassinat de Samuel Paty, ne laissant plus aucun espace à la réflexion et à la nuance.  

Derrière cette charge, il y a aussi les intérêts religieux et propagandistes de la Turquie et des Frères Musulmans en Europe. La Turquie finance environ 500 mosquées, dont une majorité en Allemagne, et à peu près 80 en France auxquelles il faut ajouter les écoles coraniques, dans lesquelles sont enseigné un Islam radical, très anti-occidental, adossées à ces mosquées, comme c’est le cas à Strasbourg.

La loi sur la laïcité (et le séparatisme), qui doit arriver en Conseil des Ministres début Décembre, comprend justement un volet important sur le financement des lieux de culte. La déclaration d’Erdogan, même si elle s’inscrit dans une stratégie plus globale d’expansion, s’explique aussi par cette mesure à venir, qui, si elle est appliquée avec diligence, notamment via les services de Bercy et Tracfin, devrait contrarier les prêcheurs de haine et leurs financiers sur notre territoire et donc la Turquie.

Erdogan a également réveillé les mêmes réactions viscérales et o combien politiques, des chiites (Iran) et des sunnites (Arabie Saoudite, Qatar), dans une même coalition pour boycotter partiellement les produits français. De telles réactions avaient déjà eu lieu en 2004 lors du vote sur l’interdiction des signes religieux à l’école et en 2010 pour l’interdiction du voile intégral. Un concert de protestations qui prend une tournure inquiétante car il intervient dans un débat français où les nerfs sont à vifs, après l’assassinat de Samuel Paty, un débat qui nous somme, en quelque sorte, de choisir notre camp. Justement, ce camp, c’est celui de la laïcité, de la loi de 1905, cette loi, rien que la loi, qui donne la liberté de croire ou de ne pas croire. Cette loi représente le juste milieu, le pont jeté au-dessus d’un torrent déchaîné dans lequel se battent depuis une semaine, deux camps s’accusant mutuellement d’islamophobie ou d’islamofascisme. En cela, la déclaration d’Erdogan est un poison à diffusion lente. À nous de déjouer les malfaisants par la loi qu’il faudra sévère, et l’éducation, qu’il faut ouverte et persévérante, ce piège que nous tendent les islamistes dégénérés. 

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