De Gauche à Droite, Olivier Véran, ministre de la Santé, Jean Castex, Premier ministre, Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni - Capture TV.
De Gauche à Droite, Olivier Véran, ministre de la Santé, Jean Castex, Premier ministre, Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni - Capture TV.

Ça nous pendait au nez. Nous y sommes. Le Royaume-Uni a instauré hier soir une quarantaine pour tous les voyageurs en provenance de la France et des Pays Bas notamment, en raison de l’augmentation des contaminations dans nos pays respectifs.

Imaginons ce matin des milliers de touristes britanniques se baladant dans l’hexagone et fonçant sur les derniers avions disponibles avant Samedi à 4h , date d’entrée en vigueur de cette nouvelle mesure sanitaire. Pas question pour eux de se retrouver piégés comme l’ont été dernièrement leurs concitoyens rentrant d’Espagne et prévenus à leur descente d’avion ! Quant aux Français qui avaient prévu de traverser la Manche pour les vacances ou pour les affaires, eux aussi ont engagé, dès hier soir, une course contre la montre pour tenter de rallier la Grande-Bretagne avant le couperet de samedi 4h ou bien essayer de se faire rembourser billets d’avion ou Eurostar.

En vertu de la règle de réciprocité adoptée par la France, nous imposerons donc en retour une quarantaine aux citoyens en provenance du Royaume Uni. C’est ce qu’a laissé entendre dès hier soir, Jean-Baptiste Djebbari, le ministre des transports, tout en regrettant la décision britannique. Notons au passage l’extraordinaire harmonisation européenne, le Royaume-Uni étant dans l’UE jusqu’au 31 décembre. On aurait pu rêver, en pleine crise, d’un minimum de dialogue entre deux grandes nations…

Pourquoi une telle décision, alors que la quarantaine pour les Français avait été levée dès le début du mois de Juillet ? Parce que le taux de contaminations dans l’hexagone est jugé désormais trop important par Londres. Les Britanniques, on le sait, ont été dépassés par l’épidémie, en raison de mauvaises prises de décisions, au début de la crise, par Boris Johnson et à cause d’un système médical qui a montré ses limites sur la première vague. Pas question donc de prendre le moindre risque de voir repartir l’épidémie.

Plus largement, cette quarantaine subite marque un réel tournant dans l’étrange été que nous vivons tous.

Alors qu’en France, nous assistons, un peu éberlués, aux tergiversations du gouvernement sur la doctrine des masques obligatoires, alors que beaucoup de gens, et de personnalités publiques, médecins, journalistes, influenceurs en tout genre, mettent en doute l’utilité du masque et le rebond réel de l’épidémie, un pays ami, notre alter ego sur le plan économique et politique, vient nous claquer la porte au nez en nous expliquant que nous sommes à risque, nous qui avons une tendance certaine à prendre tout cela un peu par-dessus la jambe au nom du désormais sacrosaint « on ne va quand même pas mourir en bonne santé ! ».

Cette quarantaine devrait donc nous réveiller !
Car au couperet britannique s’ajoutent deux menaces réelles qui pèsent désormais sur Paris et Marseille. Dès aujourd’hui, les deux plus grandes villes de France passent en rouge en raison de la circulation active du virus. Ce nouveau classement sanitaire autorise les préfets à de réelles restrictions : fermetures des bars, des restaurants, limitation des déplacements. On appelle cela un reconfinement qui ne dit pas son nom. Pour le moment, aucune de ces mesures n’est prise mais les préfets ont désormais la possibilité de le faire.

On s’interrogera longtemps sur cette gestion du déconfinement, ce passage trop rapide entre le off et le on, sans les précautions d’usage, d’un seul coup d’un seul et de toute cette somme d’irresponsabilités de la part de beaucoup de Français, qui ont tout oublié ou presque en quelques semaines, de la légèreté de beaucoup d’entreprises qui ont abandonné trop vite le télétravail et du gouvernement qui a manqué de prudence et de clarté dans son discours, comme s’il fallait avancer coûte que coûte pour rattraper un temps perdu qui risque de nous coûter encore plus cher.

Dans cette situation qui se dégrade, les images d’Emmanuel Macron sur son jet ski, les ABCD d’Olivier Véran, les louvoiements de Jean Castex, tout cela parait un peu dérisoire. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Parler aussi clairement, faire un rappel au règlement aussi sévère que celui que vient de nous adresser nos amis britanniques.

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Cet article a 2 commentaires

  1. dom

    cette somme d’irresponsabilités de la part de beaucoup de Français, qui ont tout oublié ou presque en quelques semaines, de la légèreté de beaucoup d’entreprises qui ont abandonné trop vite le télétravail

    Les français ne sont pas ala botte des Britanique et les français savent prendre leurs responsabilités par ailleurs ce qui fait leur originalité est que les Français sont le peuple du bonsens, a cet egard il regardent la meteo chaque matin et quand cette derniére leur indique un beau temps sans nuages , ils ne prenent pas leurs parapluie ni de s’abillent de bottes et d’un ciré . Quand Geo santé publie les courbes journalieres sur l’epidemie , que les français voient une augmentatation des cas sans aucune hospitalisations , les français en concluent que l’epidemie mortelle est derriere eux et ils n’ont pas tord d’autant que le gouvernement ayant baissé le seuile épidemique de 150 a 50 il n’est pas difficile d’etre dans le rouge . Le seuil du cholesterole ayant ete descendu de 140 a 100 sont veus s’ajouter 48 millions de malades supplementaires a traiter du tout denef pour les labos; a mediter

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