Masque jeté à terre à Paris - Photo ©️ Daniel Perron
Masque jeté à terre à Paris - Photo ©️ Daniel Perron

« Ah mais il faut bien vivre » ou bien « On ne va pas mourir en bonne santé, hein ? ».

Voilà les phrases les plus en vogue depuis le 2 juin dernier, jour d’un déconfinement quasiment total.

Depuis ce jour, par une sorte d’exorcisme collectif, nous sommes entrés dans un lâchage urbain qui confine désormais à l’irresponsabilité. Ne revenons pas sur les images de la fête de la musique. S’il n’y avait que cela, après tout …

Ne parlons pas non plus des comportements crasseux qui consistent à balancer ses masques par terre, sans faire 10 mètres pour les jeter dans une poubelle. Tous les jours, les éboueurs de la ville de Paris le disent et s’en plaignent. Quand on pense à ce qu’a représenté ce simple petit masque de papier au plus fort de l’épidémie … quand il avait plus de valeur à nos yeux que n’importe quel objet du quotidien, au point de voir les dealers substituer la vente sauvage des masques à celle du shit ! Voir ces trésors d’antan joncher le sol des rues nous en dit long sur notre capacité d’enfants gâtés à brûler ce que nous avons adoré.

Mais parlons plutôt du comportement quotidien.

Démonstration par l’exemple : Montmartre hier soir. Grande brasserie, très belle terrasse, jolie carte. 30 tables occupées. 70 personnes en terrasse. Pas un client avec un masque. Pas un seul. Mieux. Pas une serveuse, sur les 3, n’a jugé bon d’en porter un. Pas un seul mètre de distance physique à l’intérieur pour une famille et des amis (environ 20 personnes) qui fêtent un anniversaire à l’intérieur Et après avoir compté les passants dans la rue pendant 10 minutes, même si Montmartre est quasiment désert par rapport à son étiage habituel, 2 passants sur 203 personnes sans masques, sans même faire semblant d’en porter un sous le menton. Rien ! Bien sûr Montmartre n‘est pas Paris qui n’est pas la France, me direz-vous. Mais on pourrait faire le même constat à Bastille, dans le Marais, à République où les skaters se retrouvent, s’embrassent comme du bon pain sous le soleil estival. Et ne parlons pas des régions où le virus a très peu circulé. Les premiers jours ont été sages. Aujourd’hui, tout semble appartenir au passé. On se salue, on s’embrasse, on boit des coups au bar de la plage, on trinque ! Bref tout le monde s’en fout !!!

En 5 semaines, une grande partie de la France est passée de la terreur à l’insouciance. En oubliant de façon obstinée tout ce qui a rythmé ses journées sombres pendant près de 2 mois : les morts, les chagrins, les récits insoutenables des soignants sans masques, sans tests. Tout le monde les réclamait à corps et à cris, aujourd’hui, personne ou presque ne se fait tester et on balance son masque par terre, comme on balançait ses papiers ou ses cigarettes au temps jadis.

Finalement, le « pas vu pas pris » bien français a repris tous ses droits. Parce que tout est recommandé, rien n’est obligatoire, on recommande le masque dans l’espace public (il n’est obligatoire que dans les transports publics) on recommande l’école, on recommande de se tenir à distance, on recommande d’éviter les rassemblements de plus de 5000 personnes. Mais on autorise toutes les places à être vendues dans les TGV, les avions, en interdisant les stades et les festivals. À consigne floues, comportement flou.

Mais, il y a désormais un hic. Ces nouvelles qu’on croyait disparues nous parviennent dans le brouillard de notre insouciance. L’Allemagne reconfine deux villes d’importance, le Portugal remet sa capitale au ralenti. La Grèce s’inquiète. Ces 3 pays ont en commun d’avoir très bien géré l’épidémie. Ouille !

Sans parler de la Chine, des états du Sud des USA, du Brésil, de l’Iran, du Pakistan.

La bête rôde toujours et elle continue de mordre.

En France, les clusters apparaissent. Près de 200 mais tout est sous contrôle, nous dit-on. Le décompte de Jérôme Salomon a disparu, tout comme les chiffres rendus publics. L’épidémie a disparu de nos écrans. Mais ce ne veut pas dire qu’elle est éteinte. Le jour où l’on annoncera qu’il faut reconfiner Lyon, Paris ou Strasbourg, il ne faudra pas venir pleurer. Tout simplement.

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Cet article a 3 commentaires

  1. Jean-Pierre Meeschaert

    Des soignants sont morts en luttant contre cette pandémie, d’autres ont été gravement malades avec des risques de séquelles encore difficiles à évaluer, ma belle-mère en Ephad n’a pas contracté le virus mais la privation des visites de sa fille a eu des conséquences psychologiques graves qui réduiront de fait la durée de sa vie comme pour des centaines d’autres, des milliers de personnes vont perdre leur emploi, des milliers de jeunes vont voir leur projets d’insertion professionnelle hypothèqué pour longtemps et des inconscients, des irresponsables égoïstes nous font prendre le risque d’une nouvelle vague et d’un reconfinement qui serait encore plus catastrophique que le premier. Je désespère de ce pays.

  2. O Jeannin

    Preuve simplement que le confinement moyenâgeux n’a servi à rien, sinon à masquer non manques,
    de masques et de tant d’autres choses d’ailleurs…
    Que la seule règle en épidémie est toujours la même (pratiquée à Marseille, expérience historique de la peste
    ,et du choléra oblige) : dépister, isoler les malades ou les personnes à risque et ou traiter ( si traitement )…
    La deuxième ou troisième vague est un phantasme, car une épidémie n’est propagé pas comme une grosse tache d’huile ou un tsunami. Elle suit sa propre logique comme des gouttelettes qui finiraient par se rejoindre si on ne les traite pas.
    Le confinement généralisé sans test, a permis des créer des foyers infectieux familiaux, en ephad ou autre.
    Le deconfinement généralisé permet de révéler simplement que nous avons retarder l’échéance mais rien traiter sur le fond, car le virus circule toujours selon sa propre logique de survie.
    Il est étonnant à ce titre, puis que nous disposons de tests maintenant, que l’on ne teste pas massivement en dehors de toute symptomatologie au hasard des pans entiers de la population.
    Encore un retard qui risque de nous coûter cher…
    En conséquence,
    PORTEZ VOS MASQUES, RESPECTEZ UNE DISTANCE PHYSIQYE et non sociale, ainsi nous permettrons au virus de continuer son œuvre, et de notre côté atteindre une immunité collective à bas bruit en protégeant les plus fragiles d’entre nous.
    Au même titre qu’on ne se vaccine pas pour se protéger, mais pour protéger les autres,
    retrouvons ensemble un sens collectif…
    voilà sans doute une petite leçon d’humilité et positive à retenir de cette pandémie !

  3. Jean Pierre Fanguin

    Pfff arrêtez svp vos leçons de morale à 2 balles. Vivez votre vie comme vous l’entendez et posez-vous des questions sur vous au lieu de dénigrer les autres.
    Personnellement je suis plus choqué par la consommation de masques, de gants, flacons, bouteilles, emballages, et tout autre déchet jetable que ce virus génère au sein de la population lambda (je mets de côté les besoins pour le personnel médical, agroalimentaire, etc… là c’est différent).
    Au nom d’un virus pas si méchant que ça d’un point de vue global, on est reparti plein badin dans le jetable. Et ça, ça finira par tuer l’humanité toute entière, et bien avant ce virus qui est fatal pour moins d’un pour cent de la population…
    Posons-nous les bonnes questions et cherchons les vrais comportements condamnables.

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