Elisabeth Borne annonce la volonté de l’exécutif de construire "dès demain une majorité d'action" - Capture TV Nos Lendemains.

Tout est odieux dans la façon dont aura été mené ce second tour. Les attaques ignobles contre Mélenchon et la gauche, les saletés énoncées à chaque instant sur le leader de la Nupes, le parallèle permanent avec l’extrême droite. Oui, tout aura été odieux et surtout l’effrayant cynisme d’Emmanuel Macron. 

Voilà un homme qui, par deux fois, est venu quémander les voix de Mélenchon et de la gauche pour se faire élire face à Marine Le Pen, au nom d’un rempart dont il aurait été le preux chevalier, avec assaut de sourires et de promesses main sur le cœur. Et voilà ce même homme qui a lui même brisé le pacte républicain en refusant de donner la moindre consigne de vote dans la soixantaine de duels qui opposaient la Nupes et le RN. Certes il a bel et bien amoindri le score de la Nupes, mais il a propulsé aux premières loges une extrême droite qui ne rêvait pas si haut. Le constat est accablant : 72% de ses électeurs ont choisi de s’abstenir dans ces duels, ouvrant la voie à une entrée massive du RN au Palais Bourbon.  Lui et Elizabeth Borne, Christophe Castaner ou Jean-Michel Blanquer portent une responsabilité énorme dans ce fait politique majeur. Et cette fois-ci, la gauche aura une mémoire d’éléphant. Car il ne s’agit pas de simples victoires électorales. Il s’agit de morale républicaine, de valeurs, de priorité. En tuant ce pacte, Macron a révélé ce qu’il est vraiment  : un opportuniste, particulièrement cynique, un joueur de bonneteau sans véritable colonne vertébrale, un faiseur qui s’adapte au gré des vents, des situations et vendrait tout pour son plat de lentilles.  Plus grave, il a tué l’idée même qu’il peut exister en politique des situations qui nous dépassent, dépassent notre propre sort et nous obligent. Ce caractère politique tortueux l’emmène aujourd’hui à un piège mortel : une assemblée ingouvernable avec laquelle il va tenter de jouer encore et encore pour essayer de tirer ses propres marrons du feu. Des majorités de circonstances, nous dit-on. Avec qui ? Qui aura envie de sauver ce piètre dirigeant? Quel intérêt politique peut avoir la droite, le RN ou la Nupes à lui faciliter la tâche ? Personne. Adieu la réforme des retraites. Bonjour le débat sur le budget. 

Mais, apparemment, l’Élysée reste sourd. Elizabeth Borne n’avait pas la tête d’une première ministre sur le départ. À les entendre hier soir, il ne s’était rien passé. Toujours la même arrogance. Le petit sourire satisfait, malgré le séisme politique de la soirée. C’est à se demander si ce président a encore une quelconque appétence pour  la direction des affaires du pays, où s’il est tellement cynique qu’il va étirer en longueur sa réponse politique pour laisser ses adversaires boxer dans le vide. Ses meilleurs mécanos politiques sont battus : Ferrand et Castaner, sa jeune garde n’existe que médiatiquement, sa première ministre est déjà inaudible et sa majorité est tellement relative qu’il faudrait une adhésion de l’ensemble du groupe LR pour voter le moindre texte. 

Et malgré tout, il y avait une forme de fanfaronnade hier soir, en mode « nous tendons la main aux Verts , au PS, au RN , aux LR »…. Tout va presque très bien, Madame la Marquise. 164 sièges pour son parti, c’est maigre. Bien sûr le Modem et ses 44 sièges et Horizons et sa vingtaine d’élus sont des alliées fidèles mais le Roi est nu. Et il en est le seul et unique responsable. Nous plongeons dans un inconnu qui est aussi un nouveau départ. La gauche entre en force a l’Assemblée et renaît de ses cendres après des années de disette grâce à la stratégie politique exceptionnelle d’un homme, Jean-Luc Mélenchon qui voit ses efforts récompensés par ce succès électoral que l’ultra communication sur le triomphe du RN, n’efface pas dans le fond. Des millions d’électeurs ont dit non et stop aux injustices et à l’inaction climatique. Les 3 blocs théorisés par Mélenchon se retrouvent précisément dans cette nouvelle assemblée. 1/3 de gauche, 1/3 de centre  droit et 1/3 de droite conservatrice ou extrême. La revanche de la présidentielle est là et cette fois, ni les selfies cool, ni les conseils à prix d’or de Mc Kinsey ni les trucs et le ficelles ne lui seront d’un grand secours. Macron est  face à son propre mur et il ne peut s’en prendre qu’à lui même. Le clivage réel gauche-droite est de retour. En force. Plutôt que de se lamenter, réjouissons nous de ce nouvel élan et laissons Macron se dépêtrer et se débattre dans les labyrinthes de son évanescence politique.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Walled

    Hey Françoise degois,
    J’ai 20 ans et je suis plutôt de gauche, je t’ai découvert grâce à ton livre (l’homme qui n’avait pas d’ami) que j’ai adoré !! Et surtout ton franc parlé ma éblouie, par ailleurs j’ai lu cette tribune qui est claire met et précise et que j’ai vraiment apprécié

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