Visite du président Emmanuel Macron dans une école de Poissy le 5 mai 2020 - capture vidéo Élysée.
Visite du président Emmanuel Macron dans une école de Poissy le 5 mai 2020 - capture vidéo Élysée.

Les écoles rouvriront donc le 22 juin et de manière obligatoire. Voilà le retour de l’école pour tous selon Emmanuel Macron qui n’a pas eu un mot de remerciements, hier soir, pour les capacités d’adaptation du corps enseignant à ces circonstances exceptionnelles. Pas un merci. Mais glissons sur cette empathie à géométrie variable, qui ne concourt pas à la concorde civile tant réclamée par le chef de l’État.

Donc, ce sera école pour tous le 22 juin. Petit problème : le décret sorti ce matin indique qu’il faudra un espacement de 1 mètre entre deux élèves et, contrairement à ce qu’affirme Jean-Michel Blanquer, ça n’est pas la distanciation habituelle. Question ? Comment faire revenir tous les élèves quand vous avez une réduction obligatoire de l’espace de travail dans des classes déjà surchargées ?

Vous avez 4 h.

Autre perle de la matinée : les déclarations contradictoires entre le ministre du budget, Gérald Darmanin, et la ministre du travail, Muriel Pénicaud. Le premier affirme ce matin que les dispositifs d’accompagnements, notamment le chômage partiel, vont légèrement baisser.

Communiqué très sec une heure plus tard de Muriel Pénicaud, qui le contredit et affirme, au contraire, que tout est maintenu au 1er juillet, notamment les 70% du salaires brut en chômage partiel pour les salariés qui ne peuvent pas retourner travailler.

Quelle version doit-on croire ?

Celle du ministre du budget, qui prépare les esprits ?

Celle de la ministre du travail, en pleine négociations avec les syndicats et qui ne peut laisser s’insinuer le doute ?

Et le pompon revient à une habituée : Sibeth Ndiaye qui s’est prononcée pour un rétablissement des statistiques ethniques afin de mieux lutter contre les discriminations raciales. Un véritable serpent de mer qui provoque généralement des jours et des jours de polémiques . Cette fois , la controverse n’aura duré que quelques heures. Ce sont Bruno Le Maire, Gerald Darmanin qui se sont opposé à cette idée avant qu’Emmanuel Macron, en personne, ne ferme la porte, en faisant dire, par ses conseillers, qu’il n est pas question « à ce stade , de rouvrir ce sujet ».

Cacophonie gouvernementale, mode de gouvernement

En une matinée, nous voilà face à une cacophonie gouvernementale qui n’est plus un fait isolé mais, bien au contraire, s’est quasiment instaurée en mode de gouvernement. Il faut y voir aussi l’approche du remaniement, la volonté pour les ministres de se mettre en valeur ou de baliser leurs territoires, sans oublier la pression exercée par le chef de l’État qui tient la plume. Et devra choisir de rayer ou d’ajouter des noms sur la liste de l’équipe gouvernementale qui va traverser la crise sociale.

Ces embardées montrent le manque de sérénité dans un domaine, l’économie, sur lequel le gouvernement a plutôt réussi sa manœuvre.

Quant à l’éducation nationale, c’est peu de dire à quel point la gestion a été ratée.  Et si les hôpitaux ont tenu sur la force des soignants, l’École a tenu, n’en déplaise à certains, sur la force de ses professeurs. Là encore, la fracture paraît difficilement réparable.

Et que dire de la question des statistiques ethniques ? Ce sujet clivant, lancé dans l’espace public, ressemble plus à une diversion qu’à une réflexion sur les discriminations raciales. Des phrases au petit bonheur la chance qui renvoient un terrible sentiment de discordance, voire de désunion au sein de l’équipe dirigeante, là où elle devrait s’attacher à nous offrir l’image et l’action d’un groupe uni et soudé pour affronter les tempêtes à venir.

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