Franjo, humoriste : « Je pense que je vais pouvoir ressortir ce sketch tous les 4 à 6 mois…» - Capture vidéo.

Suffisantes, ou pas, les restrictions, en France ? Joker. On verra. Bientôt. Les chiffres, eux, donnent le « vertige » au ministre de Santé, qui a estimé mercredi le nombre actuel de Français positifs à un million, 208.000 cas supplémentaires ayant été détectés en 24 heures, record d’Europe. 

Le gouvernement affirme avoir intégré ce « raz-de-marée » à sa stratégie anti-omicron. Avec une clause de revoyure en 2022, le 5 janvier. C’est-à-dire après la Saint-Sylvestre puis la rentrée scolaire, maintenue, sans demi-jauges. Pourtant les prédictions du Conseil scientifique font peur : selon le professeur Arnaud Fontanet, un tiers des enseignants sera touché « voire plus, de façon directe ou indirecte ».« Ce sera la même chose pour les élèves ». L’Éducation nationale attend comme toujours dans le brouillard la fin des vacances et rêve de masques FFP2, de tests systématiques, de dispositifs d’aération, pendant que le ministre saute à la marelle de plateaux en studios et lâche des annonces qui sèment la panique. 

Les confidences de Jean Castex à son prompteur, lundi, pour égrener les mesures anti-virus en Absurdistan, auront au moins eu le mérite d’inspirer ceux Zé celles qui ont pris le parti d’en rire. Pas de couvre-feu ni fermeture, avait dit le Premier ministre. On pouffe à peine en apprenant deux jours plus tard la fermeture des bars à 2 heures du matin le 1er et le 2 janvier à Paris et en IDF. Une bonne surprise qui va réjouir les Franciliens et Parisiens. Tout comme le grand retour du masque à l’extérieur de ci de là, à l’initiative des préfectures. Les chefs d’entreprises, eux, ont dû être ravis d’entendre jeudi matin de la bouche d’Élisabeth Borne que contrevenir à l’obligation de mettre en place trois jours de télétravail par semaine leur coûterait au maximum 50.000 euros. De leur côté, les partisans de l’interdiction de manger des popcorns au cinéma aimeraient beaucoup que celle-ci survive à la période Covid et ne cachent pas leur joie depuis lundi. Quelques artistes se sont adaptés en mode ironique au retour des jauges, pour les concerts notamment, à pas plus de 2.000 en intérieur, alors que les meetings politiques en sont dispensés. « C’est un enjeu constitutionnel difficile à contourner », s’est défendu Olivier Véran devant les députés. Face à ce qui est ressenti comme un deux poids deux mesures, Eddy de Pretto s’est déclaré candidat à la présidentielle. Idem pour Hoshi qui a mis sa frimousse à la place de celle d’Emmanuel Macron dans le portrait officiel du Président. Julien Doré quant à lui ne s’est pas privé de souligner le paradoxe, mimique à l’appui

La version 2G+ du pass vaccinal, discrètement sortie du chapeau, pourrait mettre tout le monde d’accord. Ce dispositif imposera la détention d’un certificat de vaccination ET la présentation d’un test… « Si et seulement si l’intérêt de la santé publique le justifie ». C’est flou. Même si on a bien compris que la réouverture des discothèques se ferait à ce prix alors qu’une simple preuve de négativité suffirait. Tout ça pour que 5,3 millions de Gaulois non vaccinés, et qui ont parfaitement le droit de ne pas se faire injecter l’antidote, soient contraints de le faire. Cherchez l’erreur. 

L’obligation de rester assis dans les bars et les restaurants a eu beaucoup de succès, elle aussi, sous les hashtags « #assis » et « #debout ». « C’est la bonne déconnade au conseil de défense sanitaire ! Consommer debout dans un bar, c’est non ! Mais assis, c’est oui ! Mais dans le train, là c’est non ! Même assis … », commente le dessinateur Allan Barte. Pendant que Franjo s’interroge : « Le PCR est passé à 24 heures de validité. Le dernier test que j’ai fait, on m’a dit « Vous aurez les résultats dans 48 heures ». J’ai dit « Bin oublie, j’vais aller lécher les barres du métro, c’est plus simple »». Pierre-Emmanuel Barré, évidemment pas en reste, a proposé une synthèse hilarante avec effet immédiat sur les zygomatiques. « Les médecins y z’étaient là : « Allez Jeannot, mets des purificateurs d’air, distribue des FFP2 gratis ! ». Et Castex, tout ce qu’il annonce, c’est qu’on n’a plus le droit de manger des sandwichs dans le TGV !!!  Quand on fait le bilan, le seul truc qu’ils ont réussi, au gouvernement, avec le CoVid, c’est l’attraper !».

Le parcours parlementaire du projet de loi, entamé mercredi avec l’audition d’Olivier Véran, s’annonce moins drôle. Le ministre de la Santé a répondu sobrement et à vitesse grand V à toutes les questions des élus, sans abuser de sa collection de punchlines. Excepté à l’endroit de la LFI Mathilde Panot qui lui a reproché de pervertir l’État de droit. Le ministre l’a invitée à regarder ce qui se passe dans les pays adeptes d’options jugées radicales. « Quand on se compare, Madame la députée, on se console ». Ça dépend avec qui on se compare et sur quoi. Par exemple, pour ce qui est du classement de la mortalité CoVid par pays, il vaut mieux que la France ne regarde pas du côté de l’Allemagne ou des Pays-Bas. Le débat à l’Assemblée nationale, à partir de lundi, risque de faire rire jaune les Français attachés à l’État de droit. Les libertés de 50 millions de citoyens de plus de 12 ans s’apprêtent à être verrouillées par QR Code via un pass plus du tout sanitaire et qui ne l’a jamais été puisqu’il n’empêche personne de se contaminer. Tout parlementaire qui, à l’image des députés LFI au taquet en commission des lois mercredi soir, montera au créneau contre le scénario choisi au sommet et mis en musique par la majorité présidentielle s’exposera à être traité d’ennemi de la République. Sans blague.

(*) Parti politique humoristique créé dans les années 1950 par Pierre Dac et Francis Blanche.

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