C’est la première audition de la commission d’enquête parlementaire et elle est majeure : Jérôme Salomon, le Directeur général de la Santé est entendu à partir de 17h cet après-midi.

L’homme qui a égrené jour après jour le bilan de l’épidémie, devra répondre sur LA question qui a empoisonné la gestion de la crise en France : les masques.

Pourquoi n’en avions-nous pas ?

Ont-ils été commandés assez tôt ?

Pourquoi avons-nous eu des indications si contradictoires sur leur utilité pendant la crise ?

En tant que Directeur général de la Santé, Jérôme Salomon était responsable notamment des stocks et plus largement, de la coordination de la gestion de l’épidémie.

Laissé en première ligne pour la pédagogie quotidienne de la crise, c’est donc lui qui ouvre cette commission d’enquête avec des demandes très précises des députés.

On sait que la défense du gouvernement a d’abord été de dire « C’est la faute de nos prédécesseurs », ce qui est en partie vrai puis « les masques sont inutiles, tout comme les tests ».

Une défense maladroite, mensongère diront certains, qui a littéralement « poursuivi » l’exécutif pendant 3 mois et provoqué une défiance entêtée de l’opinion à son égard.

Les arguments généraux ne suffiront pas aujourd’hui. Il ne sera pas question de se réfugier derrière les coupes budgétaires du ou les manquements du passé.

Il faudra détailler la chronologie dans la recherche des stocks, dans les réquisitions, dans les commandes faites pour pallier ce manque abyssal.

Des réponses qui seront scrutées, décortiquées car elles nourriront les accusations portées au pénal par de nombreuses familles et associations.

Des vies auraient pu être épargnées ?

Combien de soignants, en hôpital, comme parmi les médecins de ville, sont-ils partis « au front », sans munitions?

Comment la population aurait-elle pu être mieux protégée, avec ces masques ?

Pendant des mois, chacun s’est renvoyé la balle, les politiques rejetant sur les scientifiques les raisons de leur décision.

La pandémie restera dans les livres d’Histoire comme la crise des masques. Aujourd’hui, c’est donc Jérôme Salomon qui ouvre la longue série d’auditions. Un exercice obligatoire auquel d’autres pays n’échappent pas. Giuseppe Conte, le président du conseil italien, sera lui aussi entendu par des procureurs. Avec une différence majeure : durant toute la durée de la crise, il a été porté par l’opinion publique qui l’a « remercié » de gérer ce tsunami au mieux, que ce soit sur le plan sanitaire et économique.

En France, jamais l’exécutif n’est parvenu à véritablement rassurer les français. On objectera que les français sont toujours des râleurs. En l’occurrence, ils avaient des raisons de l’être, entre injonctions contradictoires, figures de rhétorique et bilan très lourd, qu’on ne pourra pas balayer uniquement avec cette phrase, répétée à l’envi « c’est pas moi, c’est les autres ».

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