Ils ont reçu des pluies d’euros, par milliards, avant ou pendant la crise du covid-19. Pourtant, rien ne semble avoir de prise sur ces grands groupes qui annoncent des milliers de licenciements. Ou plutôt de « défragmentation » pour reprendre le vocable détestable de la direction de Nokia. Autrement dit : regrouper les 20 sites de recherche et de développement du groupe de télécoms , en 10 pôles. Diviser par deux les sites donc les effectifs. 402 salariés du pôle Lannion sont menacés de perdre leur emploi sur les 800 que comptent l’entreprise. À Nozay, le site d’île de France, 1/3 des effectifs doivent disparaître, soit 831 personnes dans le cadre de départs volontaires à l’horizon 2021. Écœurés, trahis par l’entreprise, ces salariés ont manifesté hier, au son des binious, dans les rues de Paris, sans grand espoir de voir le géant finlandais revenir sur sa décision.

On defragmente aussi chez Airbus. L’entreprise annonce 5000 suppressions d’emplois en France, dont 3500 à Toulouse. Une prévision « modérée » selon le PDG, Guillaume Faur . On se demande bien ce qu’aurait été une prévision immodérée, au moment où la filière aéronautique a reçu 15 milliards d’euros d’aides et de prêts garantis.
Et que dire d’Air France qui va supprimer 7500 emplois d’ici à 2022, notamment dans sa filiale Hop!, particulièrement à Morlaix et à Lille. 7 milliards de prêts garantis par L’État ont été versés à la compagnie aérienne.

Terminons cette première litanie par le géant Sanofi, dont les actions ont été dopées par la crise sanitaire et qui, pourtant, envisage la suppression de 1.700 emplois en Europe, dont un millier des 25.000 collaborateurs en France. Rappelons que le géant pharmaceutique, qui emploie 100.000 personnes dans le monde, a maintenu le versement de ses dividendes malgré la crise du covid à hauteur de 4 milliards d’euros en Avril. Voilà où nous en sommes et ça n’est qu’un début.

Face à ces attitudes qui tiennent de la crise réelle liée a la pandémie et de la voracité du capitalisme financier, l’État doit répondre haut et fort. Ne pas céder au chantage habituel « on ira s’installer ailleurs » , et menacer réellement ces entreprises qui contribuent certes à la croissance de notre pays, mais pratiquent, à la moindre secousse, une prédation dévastatrice sur le plan économique et politique.

On nous rebat les oreilles depuis l’annonce de ce gouvernent, de protection, de proximité, d’efficacité. Eh bien, c’est le moment de le démontrer vraiment. Il n’y a pas d’argent magique pour tant de choses, mais il y en a à l’évidence pour des géants de l’industrie, et leurs actionnaires.

Nous verrons bien, à l’épreuve des faits, si ce Premier ministre dont on nous vante le tempérament combattif d’un joueur de rugby, est aussi efficace dans sa lutte pour préserver l’emploi qu’il est déjà ennuyeux dans ses longues interventions, du bois dont on fait les charpentes, au parlement.
Au travail! Qu’ils disaient, le Président, le Premier ministre et le chœur gouvernemental ? Allez y !

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