ENFIN Nicolas Sarkozy revient… à la une de « Match ». Sarko torse nu à la playa, Sarko en scooter, à vélo, à l’Élysée, Sarko avec Cécilia, puis Carla, tendrement pendue  à son cou : « Match » ne s’est jamais privé d’assurer sans complexe la promo de l’ancien Président, avant son élection et après, enchaînant les parutions centrées sur sa personne avec vue (cadrée et maîtrisée) sur sa vie intime en pages intérieures. 

Bien sûr, parallèlement à son come-back  en vitrine de l’hebdo, l’ancien président de la République redevenu écrivain lâche quelques confidences, via une interview sur mesure. « Peut-être que j’aurais été meilleur au second quinquennat ». Aïe. Ça pique les yeux. 

On veut bien être gentil. Supporter que l’ex-pensionnaire de l’Élysée joue au sage au-dessus du lot, distribue de précieux conseils issus de son expérience de ministre puis de Président, donne des leçons de présomption d’innocence en citant Saint-Just pour faire joli alors qu’il a méprisé ce principe quand il était aux affaires. On veut bien être indulgent avec les éditorialistes politiques qui prennent Paul Bismuth au sérieux ou font semblant, c’est forcément par courtoisie ou nostalgie ? 

À ce stade, et au cas où Nicolas Sarkozy se croirait à nouveau indispensable aux Français, qui ne l’ont pourtant pas réélu en 2012, il faut rappeler que son passage à Beauvau puis à l’Élysée n’a pas laissé que de bons souvenirs. Notamment sur le terrain sécuritaire, son thème favori. 

On lui doit entre autres la suppression de 12.469 postes de gendarmes et policiers entre 2007 et 2012, le coup d’arrêt à la police de proximité, la fusion des renseignements généraux (RG) et du contre-espionnage (DST) pour former la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI devenue la DGSI). Une réorganisation qui a fait exploser le réseau d’agents sur le terrain avec des conséquences que l’on a pu mesurer plus tard, lorsque quelques failles dans le renseignement ont été mises au jour au détour d’attentats meurtriers. Sans parler de la culture du chiffre, mise en œuvre sous son autorité et qui n’a pas fait que du bien.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy est l’inventeur du concept de nettoyage au karcher « au propre et au figuré », apparu en 2005, quand il était ministre de l’Intérieur, après la mort d’un enfant de 11 ans, tué par une balle perdue lors d’une fusillade à La Courneuve. La méthode du Karcher était supposée endiguer l’insécurité dans les cités. Quinze ans plus tard, le résultat n’est pas probant. Demandez à Darmanin. Et aux habitants, qui s’en souviennent.

Aujourd’hui, en réalité, Sarkozy ne plaît qu’aux Français de droite qui ne se sont pas encore lassés de l’entendre radoter sur les conséquences funestes de Mai-68 et s’en prendre pour la énième fois, avec les mêmes mots, à l’odieuse phrase vestige de ce printemps noir source de tous nos maux jusqu’à la fin des temps : « Il est interdit d’interdire ».  L’ancien Président manque aussi sûrement à la flopée d’imitateurs que son inégalable phrasé, son rapport particulier à la langue française et sa gestuelle atypique inspirent aujourd’hui encore. « Charlie » se languissait de le caricaturer et lui consacre, lui aussi, sa Une cette semaine. Sarkozy la partage avec une autre star, le Coronavirus. « On ne s’en débarrassera jamais« , titre sobrement l’hebdo satirique. Pour conjurer ?

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