Jean-Michel Blanquer en 2017 à l’École polytechnique - Photo Jérémy Barande / Ecole polytechnique Université Paris-Saclay - Creative Commons
Jean-Michel Blanquer en 2017 à l’École polytechnique - Photo Jérémy Barande / Ecole polytechnique Université Paris-Saclay - Creative Commons

Un sondage publié ce soir vient sanctionner la stratégie de Jean-Michel Blanquer, qui a été ces derniers jours de culpabiliser les profs « qui n’ont pas repris », voire de les faire passer pour des tir-au-flanc. Nous avons ici dénoncé cette stratégie à maintes reprises, et les Français semblent donner raison aux enseignants : les deux tiers des français considèrent que les profs « dans leur immense majorité, réussi à s’adapter au confinement et ont maintenu un enseignement de qualité ». 65% estiment, selon le même sondage Odoxa pour France Info et Le Figaro, que l’Éducation nationale a su proposer des nouveaux outils efficaces pour que l’enseignement se poursuive malgré le confinement.

On se rappelle que le ministre de l’Éducation nationale a suscité la polémique, et l’indignation de beaucoup de professeurs, en sous-entendant que certains auraient été réfractaires à la reprise, voire fainéants…
La question divise les Français – ce qui est malheureux, tant l’éducation et l’avenir de nos enfants devrait être un sujet qui les unit – et 48% estiment aujourd’hui que « trop de professeurs » ont été des « décrocheurs » et ont été largement injoignables pendant les deux mois de confinement.
Compte tenu que seulement 5% sont de réels décrocheurs, selon les statistiques publiques, il faut croire que beaucoup de Français se sont forgés un avis sur le sujet non pas à partir de leur expérience personnelle, mais à partir des discours publics tenus – notamment par le ministre, donc.

Le ministre de l’Éducation subit, en outre, une baisse de popularité importante : sa cote de popularité chute à 42% d’opinions favorables – pour être justes, ce n’est pas un score déshonorant -, contre 62% en février 2018. Une chute particulièrement marquée chez les premiers concernés par son action, c’est-à-dire les parents d’enfants scolarisés qui sont 65% à avoir une mauvaise opinion de lui.

Ce « maillon fort » du gouvernement Philippe s’est illustré, depuis le début de la crise du COVID, par des erreurs politiques ou communicationnelles qu’il avait jusque là évitées habilement, contrairement à nombre de ses camarades. On se souvient qu’il déclarait ne jamais avoir envisagé de fermer les écoles quelques heures à peine avant que le Président n’annonce leur fermeture. Ou encore, qu’il avait annoncé un plan de déconfinement avant que Matignon n’arbitre un scénario.

Mais dans ce sondage, c’est sans doute un chiffre et un seul qui mérite d’être retenu, tant il est significatif des peurs parentales pour l’avenir de nos enfants : 74% estiment que le confinement aura des conséquences négatives sur le niveau de l’ensemble des élèves, et 7 sur dix pensent qu’il accentuera les inégalités sociales entre élèves. Là est le défi du ministre de l’éducation du prochain gouvernement, quel qu’il soit…

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