Télétravail pour le personnel de l'Ecole polytechnique pendant le confinement - Photo École polytechnique - J. Barande - Creative Commons

Le télétravail, sur le papier, tous les salariés en rêvent. Pouvoir bosser chez soi, en short et charentaises, en pyjama claquettes, ou sur le plus simple appareil… Loin, très loin, du petit chef interventionniste et tatillon. Mais le travail à la maison peut aussi s’avérer une purge, un isolement, des conditions d’exercice exécrables. La pandémie de coronavirus a pourtant rebattu toutes les cartes d’abord en mal, en imposant cette forme de travail improvisée, et aujourd’hui peut-être en bien, avec les récents accords entre les syndicats et le Medef. Chacun des camps a tenu à jouer sa carte, en négociant pied-à-pied, les uns sur les conditions de travail, l’autre sur l’impérieuse nécessité de maintenir les salariés à un haut niveau de productivité.

Avec l’expérience du premier confinement, ce mode d’organisation des entreprises, à défaut de s’être amélioré, a pris des formes plus professionnelles. Désormais, il obéit à des règles à peu près communes. D’abord, la loi rappelle dans son articles L 1222-11 ce point essentiel : « en cas de circonstances exceptionnelles, notamment de menace d’épidémie, la mise en œuvre du télétravail peut être considérée comme un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité de l’activité de l’entreprise et garantir la protection des salariés ». Cette base légale oblige les entreprises à respecter un cadre de conditions d’exercice, comme la prise en charge des frais inhérents au télétravail : consommation d’électricité, matériel de bureau comme les feuilles, les cartouches d’encre, et même les fauteuils de bureau.

Télétravail : Accords entre les partenaires sociaux

Autant de conditions qui amènent aujourd’hui, en ces temps de crise sanitaire, les partenaires sociaux à s’organiser et à négocier, non sans incompréhensions entre les parties prenantes. Pourtant, après tout un mois de novembre à discuter, les partenaires sociaux sont parvenus à trouver un accord qui structure officiellement le télétravail. Dans un communiqué final, le Medef s’est félicité, le 26 novembre, de l’accord trouvé avec la CFDT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, en précisant que « le texte a reçu l’assentiment de la CPME et de l’U2P». Manque à l’appel la puissante CGT dénonçant un accord qui « réalise la prouesse de déresponsabiliser l’employeur de son obligation générale de sécurité et de santé. Il n’a pas là une complète maîtrise du lieu dans lequel s’exerce le télétravail et de l’environnement qui relève de la sphère privée ».

De leur côté, si la plupart des syndicats ont paraphé l’accord sur la mise en place du télétravail, c’est en fonction des acquis obtenus pour les salariés : Prise en compte des conditions de travail, droit à la formation, disponibilité conditionnée du télétravailleur, remboursement prévus des frais liés à l’activité à la maison. Autant de points sur lesquels les négociations ont pesé et abouti. Le télétravail ne devant aller au-delà de 2 ou 3 au maximum. En ce second confinement, ce mode d’organisation a concerné 30% des salariés contre 70% au printemps. Les acteurs sociaux espérant qu’avec leur accord, et au-delà des circonstances d’épidémie, chacun trouvera avantage à la mise en œuvre de cette nouvelle souplesse qui doit allier efficacité productive, et confort de vie pour les salariés.

En dépit des récents accords sur le télétravail, la France demeure à la traine des pays occidentaux. Il aura fallu l’arrivée du coronavirus pour qu’en catastrophe les entreprises s’inventent les outils de maintien de leur production. Ailleurs, en Allemagne, aux Etats-Unis, dans les pays scandinaves, l’habitude s’est déjà imposée, évitant de mettre à l’arrêt des entreprises ou de s’organiser à l’improviste. Pour Dominique Lhuilier, professeure émérite au Conservatoire national des arts et métiers et psychologue du travail, l’épisode de télétravail généralisé et brutal du printemps fut une calamité qui « ne tient pas compte de l’organisation du temps de travail, ne tient pas compte du partage entre vie pro et vie perso et ne pense pas non plus aux transitions qui s’effacent (pauses, temps de transport) ». À ne pas reproduire.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Doghouse Reilly

    %IMO : ce site est tout bientôt crevé (mort) . Adieu moins que rien .

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