Télétravail - Photo edgeplot - Creative Commons.
Télétravail - Photo edgeplot - Creative Commons.

Sur le papier, la possibilité d’organiser son travail, chez soi, sans pression de l’heure, des transports, et en ces temps de Covid et d’interactions sociales, paraissait séduisante. Et beaucoup de salariés, dont le métier permet d’exercer ses missions par le télétravail, ont cédé aux sirènes, et même aux mirages, du boulot entre la cuisine, le salon et le jardin. Jusqu’à ce que, expérience aidant, les premiers doutent apparaissent… Et si, finalement, le télétravail était une forme de réclusion soft au strict avantage l’entreprise ? Et qui sont en vérité les vrais gagnants de cette nouvelle organisation des ressources humaines ?

Premiers bénéficiaires, les employeurs voient d’un bon œil, l’éloignement des salariés de leurs entreprises : économie de bureau, d’espaces, d’énergie. Du reste, le Medef, par son président Geoffroy Roux de Bezieux, ne s’y trompe pas qui appelle, prudemment, le gouvernement à s’adapter à la pandémie, en facilitant l’utilisation de cette nouvelle forme gestions humaines et professionnelles : « Le télétravail a amené beaucoup de satisfaction pour certains salariés, mais aussi des contraintes, des burn-out, des problèmes de management. On a besoin de se voir, de se parler, on a besoin de recréer de la richesse tous ensemble, et recréer de la richesse, c’est aussi être présent physiquement dans les entreprises ».

Télétravail : que les hauts salaires lèvent le doigt !

En ces temps d’ambiance confinée, le télétravail comporte, objectivement, un certains d’atouts pour tous : Le temps de transport, la flexibilité favorable aux salariés, des gains de productivité tant les heures ne sont pas comptées, une vie familiale mieux organisée, du matériel informatique fourni par l’entreprise. Dans un monde du travail idéal, tout le monde opterait pour une telle qualité de fonctionnement au quotidien. Du « en même » digne de Macron mais utilisé à des fins d’organisation du personnel. Et de fait, une grosse minorité d’employés qui ont gouté aux joies du télétravail, 40%, admettent trouver du plaisir à être physiquement loin du bureau, et près de leur salon.

Au final, et au bout de 6 mois d’expérience de télétravail, les langues commencent à se délier, et les désillusions à apparaitre. La solitude à la maison, la suractivité non maitrisée, la surveillance numérique, la mauvaise installation qui entraine des douleurs au dos, aux poignets, et même aux yeux. En résumé, un niveau et une nature de pénibilité absents en contexte d’activité dans l’entreprise, où un minimum légal de conditions du travail est respecté.

Plus encore, le télétravail crée des inégalités entre ceux qui peuvent s’y adonner, et les autres, souvent les premiers de corvée du Covid : soignants, caissières, chauffeurs de bus, éboueurs. En contexte de crise sanitaire, un constat sociologique s’impose : la plupart des télétravailleurs sont des cadres disposant de responsabilités, loin de missions d’exécution, et bénéficiant de revenus supérieurs à la moyenne.

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