Rue et des rédactions meurtries pour notre liberté - Photo Guillaume - Creative Commons.
Rue et des rédactions meurtries pour notre liberté - Photo Guillaume / HighWire75 - Creative Commons.

Ça recommence. À chaque attentat. Première phase, courte : l’émotion et la tristesse fédèrent la révolte et l’indignation nationales devant la barbarie. Deuxième phase, interminable : la compassion à l’égard les victimes s’évanouit au profit de querelles idéologiques entre intellectuels qui squattent médias et plateaux télés pour nous faire choisir entre Charlie et Kouachi. D’un côté les défenseurs féroces de la laïcité, qui bouffent du curé de l’Imam et du rabbin depuis la nuit des temps. De l’autre ceux qui leur reprochent de « faire la guerre » à l’Islam au passage. Les premiers soupçonnant les seconds de promouvoir la déstabilisation des États de droit. Pendant ce temps, l’extrême droite, elle, fait son marché électoral en mélangeant délibérément islamisme et musulmans, musulmans et immigration, immigration et insécurité etc. Ça fait des années que ça dure. On n’a pas avancé d’un pouce.

Sans qu’on sache exactement de quoi il retourne, quel est le mobile exact de l’acte odieux, quel est le parcours et le profil du ou des auteurs, c’est parti : les xénophobes de tous poils en profitent pour exploiter les nombreux amalgames disponibles dans le petit manuel de l’instrumentalisation. Les musulmans trinquent, ils ne sont que rarement conviés à donner leur point de vue. Tout le monde oublie allègrement qu’eux aussi sont ciblés par la violence islamiste et qu’il paient même le plus lourd tribut.

Au milieu de tout ça, malheur à ceux ou celles qui oseront essayer simplement d’expliquer, décrypter pourquoi les petites mains du terrorisme le deviennent, saisissent un jour un hachoir à un ou plusieurs pour tuer. Comment ils se soumettent aveuglément aux esprits machiavéliques, calculateurs, impérialistes, qui dénaturent une religion pour en faire un outil mondial de conquête politique et ramasser la mise. C’est bien l’alliage religion-politique qui est profondément toxique. En d’autres temps , le mariage christianisme /politique a fait des ravages sanglants. N’ayons pas la mémoire courte. Ce rappel n’excuse rien mais démontre à quel point il faut combattre pied à pied, radicalement l’islam politique en le séparant de l’islam et des musulmans.

Il est urgent que l’on arrête, dans ce pays, de considérer la question « pourquoi » comme la traduction d’une complicité ou d’une bienveillance avec les robots-tueurs quels qu’ils soient, même suprémacistes blancs chez Trump. Sauf à considérer que certains humains naissent naturellement plus mauvais que d’autres, tenter de comprendre ce qui conduit des individus dotés d’un cerveau et d’une conscience à commettre de telles horreurs n’est pas un acte d’allégeance, au contraire, ni à Daesh , ni au KKK. Comprendre, dans ce sens-là, signifie décrypter et non pas excuser et encore moins justifier. C’est un préalable pour les combattre. La confusion entretenue entre ces deux intentions fait le jeu du terrorisme, c’est même un piège. De même que l’effusion médiatique surabondante qui accompagne chaque drame : c’est elle qui fait vivre la terreur.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    Comprendre n’est evidemment ni justifier ni cautionner sauf pour des petit esprit comme Vals et c’est évidemment un incontournable pour combattre le terrorisme islamique.
    Mais il est angoissant de constater qu’il est impossible de faire entendre cette évidence. Il n’y a de place sur les plateaux, dans les micros que de se soumettre à l’équation de l’extrême droite ou de la droite extrême immigres =musulman=islamiste=terroriste ou d’être traiter de pro kouachi en fait de terroriste. C’est non seulement insupportable mais extrêmement dangereux. On imagine le dilemme dans lequel cela place les musulmans français, c’est criminel. Je n’ai pas connu les années 30 mais j’imagine que l’ambiance devait avoir quelques similitude.
    Les Hommes n’apprendrons jamais rien de l’histoire.
    Les juifs ont servi de bouc émissaire à la crise des années 30, les musulmans ne sont ils pas en train de jouer ce rôle en 2020 ?

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