Donald Trump remet une récompense à la cérémonie présidentielle de reconnaissance de l'héroïsme et du travail, le 15 mai 2020 - Photo White House.

Peut-être se dit-il, dans son cerveau reptilien, que ces images de quartiers en feu, de pillages de magasins par des bandes d’afro américains, ces manifestations ultra violentes, vont resserrer son électorat de l’Amérique profonde, ultra conservateur, plutôt blanc et possédant un goût immodéré, comme une partie d’électorat démocrate d’ailleurs, pour les armes à feu.

Peut-être se dit-il que ces images éprouvantes sont l’une des dernières armes électorales qu’il lui reste.

Peut-être est-ce d’ailleurs la raison de son tweet incendiaire, sur « la police qui va ouvrir le feu », et qui a été modéré par Twitter, au nom des règles sur les incitations à la violence.

En tout cas, Trump le pyromane, a de moins en moins de cartes en mains.

Il y d’abord les sondages, qui donnent une très large avance à Joe Biden, sondages à prendre avec prudence, puisque le système américain est tel qu’on peut perdre le vote populaire et gagner la présidentielle, comme ce fut le cas en 2016 face à Hillary Clinton.

Il y a ensuite sa gestion de l’épidémie de Covid-19. Une gestion de matamore « vous allez voir ce que vous allez voir, ça n’est pas un petit virus qui va nous empêcher d’avancer », gestion qui s’est heurtée au réel des cercueils alignés à New York. Il faut également souligner son attitude personnelle pendant la pandémie, prenant la main, menant chaque jour la conférence de presse, racontant tour à tour des énormités, ou bien agressant les gouverneurs démocrates qui confinaient trop. Une clownerie quotidienne qui a même fini par lasser ses supporters médiatiques les plus fervents. Ainsi a-t-on entendu des critiques sur la chaîne ultra trumpiste Fox News.

Il y a enfin l’explosion en vol de son argument principal : l’économie.

Elle s’est effondrée sous l’effet de l’épidémie de Covid-19. 38 millions de chômeurs, la prise de conscience, peut-être plus grande qu’elle ne l’a jamais été, des disparités dans le système sanitaire du pays.

Une gestion désastreuse, qui a fait le miel de ses adversaires démocrates, notamment le si policé Joe Biden, confiné dans sa villa, et qui a lui-même été empêché dans sa campagne, soulagé certainement que son adversaire se mette si souvent à la faute.

Face à ces obstacles, Donald Trump a tenté une diversion. Obsédé qu’il est par le vote électronique, frauduleux selon lui, qu’il a donc fustigé dans un tweet. S’en est suivie la polémique avec Twitter. On peut d’ailleurs au passage entendre les arguments du président américain « Si vous modérez mon compte, modérez alors tous les autres comptes ». À la régulation très politique de ses messages ,il a répondu par un décret, qui en réalité, vise à faire passer les réseaux sociaux du statut de simple d’hébergeur à support éditorial, ce qui inclut donc une responsabilité pour tout contenu publié.

Un décret quasiment impossible à mettre en place mais qui a eu la vertu, pour Trump, de déplacer les polémiques, de tenter pour quelques jours, de faire oublier le Covid et de hurler à la censure, ce message qu’adorent ses lecteurs.

Mais les émeutes viennent balayer toutes ces stratégies à 4 sous.

Les USA sont désormais sous le choc économique, sanitaire, social et sociétal.

Certains éditorialistes avançaient hier sur les plateaux télé américains, qu’il pourrait éventuellement demander le report de l’élection de novembre en raison de ces circonstances exceptionnelles. Ou l’on comprend mieux sa charge d’une virulence extrême contre les votes électroniques en raison de la pandémie.

Tout cela nous laisse pantois. Certes, le débat est souvent virulent en France, mais jamais il n’atteint les niveaux Trumpiens que l’on connaît aujourd’hui.

Un débat épuisant pour les Americains qui veulent, dans leur majorité, tourner la page d’une présidence agitée, provocatrice, déboussolée et déboussolante, même si les résultats économiques ont pu donner l’illusion d’un job presque bien fait en la matière.

Donald Trump signe le décret présidentiel sur les réseaux sociaux, le 28 mai 2020.
Photo White House.

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