Le Premier ministre Jean Castex invité du journal de TF1, ce 1 Novembre 2020 - Capture Nos Lendemains.
Le Premier ministre Jean Castex invité du journal de TF1, ce 1 Novembre 2020 - Capture Nos Lendemains.

Bien sûr, la tâche n’est pas facile. Et aucun gouvernement n’échappe à la pression que fait peser sur nos vies individuelles et collectives ce maudit virus qui semble n’en faire qu’à sa tête. 

Néanmoins, nous possédons une sorte d’art français de rendre complexes les situations qui pourraient être simplifiées et c’est un euphémisme que de le dire. 

En ce lundi matin, le reconfinement ressemble à un puzzle éparpillé sur tous les fronts. 

D’abord celui de l’éducation. Les professeurs ne sont pas des tire-au-flancs, encore moins des pleutres terrifiés par la maladie. Ils voudraient juste un peu de clarté sur les protocoles sanitaires, les ordres et les contre-ordres notamment la minute de silence organisée ce matin dans toutes les écoles, en hommage à Samuel Paty, sauvagement assassiné devant le collège où il enseignait, à Conflans. 

Cette minute de silence devait être l’occasion d’un véritable travail pédagogique avec les élèves, une sorte de progression collective vers une exercice qui ne va pas de soi pour des ados. Vendredi soir, elle s’est transformée en minute « verticale » à 11h, un point c’est tout. Incompréhensible pour les syndicats d’enseignants qui estiment, dans un protocole sanitaire si complexe, que bâcler un moment aussi important, après le drame national vécu, est une erreur profonde. Lorsque covid et terrorisme islamiste se superposent …. 

Et que dire du front des commerçants. Jean Castex l’a affirmé hier soir sur TF1 : on ne changera pas les règles car il est trop tôt. Autrement dit, il n’y aura aucune autorisation d’ouverture, au moins avant 15 jours, pour les commerces, comme les librairies, qui dénoncent la concurrence déloyale des grandes surfaces. Certains maires prennent des arrêtés autorisant l’ouverture localement, arrêtés qui seront évidemment cassés mais qui sont un bon indicateur du vent de rébellion qui souffle sur nos têtes. L’exécutif dénonce la démagogie et une forme d’anti républicanisme. Les grands mots, tout de suite ! Car faut-il les blâmer ? Non au regard des contours de ce confinement qui sont si flottants, si insensés. On ne peut comprendre les questions et les colères, lorsqu’on apprend que les coiffeurs restent fermés mais que l’on peut se faire coiffer à domicile, sans aucun protocole sanitaire garanti ! La encore, le changement de pied est spectaculaire puisque ce matin, Alain Griset, le ministre délégué aux PME vient d’annoncer que finalement, coiffeurs, esthéticiennes et manucures ne sont plus autorisés à travailler à domicile !

Et que dire des librairies, des fleuristes, des magasins de vêtements ? 

Comment peut-on nous expliquer qu’il n’y a pas de contamination au travail ni dans les transports en commun, ni au lycée, ni au collège ? Juste dans le cercle familial ? Où se contracte donc ce fichu virus ? Plus de 40.000 contaminations par jour ? Uniquement dans le cercle familial ? Mais de qui se moque-t-on ? Toutes ces interrogations sont légitimes et le gouvernement ne devrait pas les balayer d’un revers de la main en menaçant en plus d’un reconfinement plus dur si celui-ci n’est pas respecté. Pas plus qu’il ne devrait nous menacer d’un Noël de « combat », expression qui ne veut absolument rien dire et rajoute de l’angoisse à l’angoisse. On peut faire des erreurs, se tromper et corriger mais à entendre Jean Castex hier soir, il n’était pas question d’admettre quoi que ce soit. Globalement, le signal envoyé est assez désastreux : travail, patrie et pour le reste, cliquez sur Amazon. 

D’autant plus désastreux qu’on peut déjà parier que les contaminations ne vont pas baisser, que la chaîne ne sera pas cassée et qu’il faudra durcir très rapidement. Et on se demandera à nouveau pourquoi ne pas avoir procédé, dès le début, à un confinement ultra strict, plus efficace, sur le modèle de celui de Mars, sans créer ces distorsions insupportables entre les différentes activités commerciales. On a bien compris que c’est toute l’Europe qui rechigne à se baigner deux fois dans le même fleuve et que choisir cette méthode permet de maintenir l’économie et de confiner, de fait, les retraités. Mais pour quel résultat ? On ne peut pas dire que la situation est terrible, que la deuxième vague sera encore plus meurtrière que la première et prendre cette demie mesure d’un confinement light. Cette nouvelle injonction paradoxale va nous faire perdre énormément de temps. Si ça n’est que du temps, ce sera un moindre mal. Si ce sont des vies, ce sera impardonnable. 

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Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    Et pendant ce temps… Hirsh ferme les urgences de l’hôtel Dieu.
    On se moque de qui ?

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