Florence Parly, Edouard Philippe, et Emmanuel Macron le 8 mai 2020 à l'Arc de Triomphe à Paris - Capture TV.

La voilà, la grande affaire : une femme serait nommée à Matignon. Florence Parly dont on va immédiatement nous expliquer la sensibilité socialiste, qui doit remonter au déluge. Mais qu’importe, une femme, quelle révolution ! La dernière fois qu’une femme a été nommée à Matignon, en 1991, le parfum de cendres embuait la fin du second septennat de François Mitterrand. Il avait choisi une femme pour tenter de créer un électrochoc qui ne vint jamais.

Ainsi, la rupture semble consommée avec Édouard Philippe. À sa demande à lui. Car c’est peu de dire que le Premier Ministre a peu goûté la Convention Citoyenne, transformée illico presto sans être consulté au préalable, en convention permanente par Emmanuel Macron. Colère froide d’Édouard Philippe qui n’a jamais caché son peu de goût pour le « quoiqu’il en coûte », la démocratie participative et les zig-zags verts au gré de l’air du temps.

Édouard Philippe devrait remettre sa démission samedi à Emmanuel Macron et voguer vers son avenir, qui peut être radieux s’il décide de se lancer dans la grande aventure présidentielle. Il se débarrasse ainsi du bilan, dont il est aussi comptable, de ce quinquennat chaotique.

Pour le remplacer, Florence Parly semble la favorite. Elle serait assistée de Laurence Tubiana, l’une des Madame Cop 21 dans un grand ministère d’État dédié à l’écologie. Une construction qui rappelle le poste d’Alain Juppé.

Mais le nom de NKM revient également, elle qui peut incarner l’écologie de droite.

Mais d’autres noms aussi. Bruno Le Maire aurait accepté le Ministère de l’Intérieur en remplacement de Christophe Castaner qui récupérerait le groupe à l’assemblée.

Pour lui succéder à Bercy, plusieurs noms circulent, notamment celui du banquier franco-ivoirien, Tidjane Thiam, ancien patron du crédit suisse et proche de Thierry breton. Un banquier à Bercy, spécialiste des finances internationales, cela rappelle un certain Emmanuel Macron, qui était devenu très rapidement la surprise et la coqueluche du gouvernent Valls.

Il n’y a donc à l’évidence aucun changement de cap politique à l’horizon, aucun renversement de table, aucune réinvention. C’est le propre des gouvernements de casting, dont l’effet de sursaut dure ce que durent les roses et encore.

En faisant de choix de nouveaux visages faute de nouvelle ligne politique, Emmanuel Macron s’achète du temps, fait semblant de bouger un peu pour tenter de reconquérir son électorat de premier tour dans les grandes métropoles, électorat qui s’est abstenu ou a voté vert et fait surtout le pari que l’opposition de droite et de gauche n’aura pas le temps de se structurer pour lui dérober sa place au second tour de la présidentielle. Pari présomptueux et risqué.

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