Photo Yann Seitek - Licence Creative Commons.

Trois jours après, La France n’a toujours pas fini de décrypter le dispositif de confinement de l’ensemble du territoire annoncé par Emmanuel Macron mercredi et peaufiné dans la confusion par le gouvernement depuis. Pour de nombreux Gaulois, l’affaire vire au casse-tête, entre fermeture des crèches et des établissements scolaires, changement de calendrier des vacances de Pâques pour les zones B et C, télétravail systématique… ou pas, possible ou non, et injonctions contradictoires, comme c’est le cas depuis le début de la crise sanitaire dès qu’un bouquet de mesures est annoncé, c’est-à-dire souvent.

Le message du Président sur les déplacements autorisés a été bien reçu. Mais de travers. Ce qu’il a dit : « Nos concitoyens qui souhaitent changer de région pour aller s’isoler pourront le faire durant ce week-end de Pâques.» Phrase accueillie comme le signe d’un assouplissement et traduite par : « Il y aura une tolérance ». De nombreux Français ont compris : « Chouette on peut aller fêter Pâques ailleurs » et se sont organisé illico trois jours de fugue avant de s’enfermer pour un mois dans leurs zones de 10 kilomètres.

Après Jean-Baptiste Djebbari la veille, Marlène Schiappa a sous-titré samedi après-midi, en novlang, le propos présidentiel. Non, pas du tout, on n’a pas le droit, les allers-retours sur le week-end sont interdits : « L’idée, c’est très simplement d’être le plus statique possible pour entraver la circulation de ce virus, et donc l’idée ce week-end, ce n’est pas du tout, évidemment, de dire aux gens de partir et revenir, c’est de dire que le gouvernement prend des décisions pragmatiques, l’idée était simplement de permettre aux Français et aux Françaises de s’organiser […] » pour se confiner ailleurs, avec les gosses si besoin. « Très simplement ». « Évidemment ». Cette blague. Une correspondante de BFMTV en direct de Biscarosse a expliqué sur fond bleu ciel qu’au moment où les hôtels étaient submergés de demandes, les Gîtes de France avaient, eux, enregistré de nombreuses annulations en raison du fait qu’ils ne proposent qu’un hébergement à la semaine. Hum.

Quel sera l’effet du grand brassage pascal alimenté par les escapades et les départs pour s’isoler ailleurs alors que la bestiole circule partout et par nous ? On peut craindre que les échappées grégaires favorisent ce que l’on voulait justement éviter. Les iconoclastes verront là un bon moyen de faire grimper l’immunité collective naturelle au bout du compte, puisque l’immunité vaccinale traîne. Les optimistes se diront que Noël n’a pas engendré la catastrophe sanitaire que l’on redoutait. On sera vite fixé.

L’autre énorme cafouillage de ce confinement 3 a concerné le maintien, ou pas, de l’activité des 283.000 assistant(e)s maternel(le)s du pays, finalement fixé(e)s sur leur sort vendredi en fin d’après-midi après une série d’annonces contradictoires du gouvernement.
Le site de « Top-Assmat » a ainsi résumé ce nouvel épisode ubuesque : « Après plusieurs couacs de communication au gouvernement, l’accueil chez les assistant(e)s maternel(le)s est finalement maintenu ».

Matignon avait d’abord fait savoir qu’elles/ils ne travailleraient pas en raison du risque de contamination : « L’étude de l’Institut Pasteur montre qu’il y a plus de contaminations chez les assistantes maternelles que dans les écoles ». Cette étude évalue à 39% le surrisque de contamination pour les adultes ayant un enfant gardé chez une assistante maternelle contre 13% pour les enfants gardés en crèche et 15% en école maternelle. Or, 800.000 familles en France ont recours à une nounou.

En définitive, c’est l’employeur qui choisira, pas l’employé(e). Mais en même temps… « Le gouvernement demande aux parents, dans un esprit de responsabilité collective, de ne pas recourir à ce système de garde sauf en cas d’absolue nécessité ». L’histoire n’est pas terminée puisqu’un protocole renforcé sera mis en place et communiqué aux professionnels « dans les tous prochains jours ». Il en reste deux, fériés.

Loin de faire profil bas, Olivier Véran a vanté la capacité de l’exécutif à changer d’avis : « C’est mieux si on fait tout bien d’emblée, mais si à un moment donné il y a un raté ou un truc à ajuster, je préfère qu’on soit capable de le dire et de reconnaître qu’effectivement, il y avait un truc à ajuster. Les assistantes maternelles en sont un exemple et les attestations aussi ». Les professionnel(le)s visé(e)s par ce parallèle auront sans doute apprécié ces mots du ministre chez Brut. Joyeuses Pâques.

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