Liberté guidant le Peuple d'Eugène Delacroix et à droite Sans Culotte avec bonnet phrygien et carmangole - Montage Nos Lendemains.
Liberté guidant le Peuple d'Eugène Delacroix et à droite Sans Culotte avec bonnet phrygien et carmangole - Montage Nos Lendemains.

Ainsi donc, si l’on en croit le Ministre de l’Éducation Nationale, Jean Michel Blanquer, il est opportun de venir à l’école dans une tenue républicaine, sans préciser de quelle sorte de tenue il parle.

À ce stade du débat public, il serait donc opportun que les créateurs de tous horizons se lancent dans une nouvelle ligne : la tenue républicaine. Serait-elle dépoitraillée, à l’image de la « Liberté guidant le peuple » de Delacroix, seins nus à la barricade ? Les garçons arriveraient ils au lycée sans culottes ou vêtus d’un simple bonnet phrygien et d’une cocarde ? Qu’est-ce qu’une tenue républicaine ? Une jupe plus longue ? Mais alors, expliquez-moi pourquoi, en 2016, plusieurs plaintes ont été déposées contre des proviseurs, accusés d’avoir discriminé des jeunes filles portant des jupes trop longues, signe ostentatoire d’une conversion à l’islam ? Quelle est donc la taille républicaine d’une jupe ? C’est une vraie question, non ? Vous avez 4 heures !

Jupes trop longues, jupes trop courtes, voilées, pas voilées, nombril visible, nombril caché : vous remarquerez qu’il y a toujours 1000 voix pour juger la façon dont les femmes s’habillent, ce que signifient leurs vêtements et le danger qu’il faut y voir.  Car la tenue républicaine s’adresse surtout aux filles. Pas un seul garçon n’a été refoulé d’un lycée pour des bermudas trop courts ou des chemises trop ouvertes. Non, il s’agit toujours de filles. Et dans le prolongement, ce sont des femmes qui se font refouler de l’entrée d’un musée pour un décolleté trop échancré alors qu’il ne viendrait même pas à l’esprit des gardiens d’interdire l’accès à un homme au pantalon trop moulant ou la chemise ouverte sur un tapis de poil à chaîne en or.

Pour en revenir à la tenue républicaine, quelles sont les couleurs autorisées ? Le bleu, le blanc, le rouge ? Le jeune fluo est-il acceptable ? Le vert ? Trop islamique ? L’orange ? Trop Guantanamo ? Le noir, trop satanique ? Les jeans troués sont -ils autorisés ? Si oui, quelle circonférence pour les trous ? Faut-il demander à Zara de ne plus vendre ses pantalons pré -troués dont les ados (et pas qu’eux) raffolent ? Pour les chaussures, une tenue républicaine accepte-t-elle les marques ostentatoires ? Nike pour ne citer qu’elle ? Peut-on porter des Nike ? Je dis cela car Jean Michel Blanquer estime qu’il faut venir à l’école habillé avec une certaine sobriété. Peut-on, à ce compte, venir au lycée avec un tee shirt PSG ou l’OM ? Est ce sobre, républicain ? Ou un tee-shirt Lacoste, plus chic ? Le crocodile est-il plus républicain, dans l’absolu qu’Emirates ou la virgule de Nike ?

Bref, les questions sont sans fin. Car le propos ne veut rien dire, tout simplement. Il émane d’un ministre qui semble un peu à côté de son sujet, depuis la fin des vacances, probablement encore agacé d’avoir vu le Ministère de l’Intérieur lui échapper. Il donne le sentiment que la situation lui échappe, alors que la force de son image, au début du quinquennat, résidait justement dans ce sentiment de parfaite maîtrise qu’il renvoyait dans l’opinion publique. Il faut donc toujours se méfier des premières impressions et surtout, comme nous le rappelait notre instituteur, en blouse grise : tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler.

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Cet article a 3 commentaires

  1. jocelyne ouang

    Puisque vous parlez de blouse , revenons docx aux blouses dans l’enceinte des écoles ! J’en ai portée jusqu’en terminale sans problème !!!

    1. Emma

      J’ai connu  » l’âge d’or » des blouses.
      A cette époque « bénie  » le pantalon était interdit aux filles.
      Quand une « rebelle » passait outre la consigne, elle devait enlever son pantalon et se balader « en blouse » toute la journée. Les collèges qui ne s’appelaient pas ainsi n’étaient pas mixtes, et « l’âge d’or » n’en n’était pas vraiment un

  2. Emma

    Moment savoureux à ce sujet sur LCI.
    Breizet trouvait qu’il fallait laisser les jeunes filles s’habiller comme elle le souhaitait dans les lycées bourgeois (sic)… le problème c’était dans les « quartiers » (obsession quand tu nous tiens) où les jeunes filles ne pouvaient s’habiller comme elles le souhaitaient sans être agressées .
    Catherine de Haas lui a rappeler que l’agression des femmes avait malheureusement lieu dans tous les milieux y compris au Figaro où des cas avaient été signalés.

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