Vacances - Photo Françoise Bayard.

C’est la question que se posent celles et ceux qui ont accueilli avec surprise, voire scepticisme, l’annonce faite  par le Premier ministre :
« S’agissant des vacances, et sous réserve de l’évolution de l’épidémie, et de possibles restrictions très localisées en fonction de cette évolution, nous privilégions une hypothèse raisonnable. Les Français pourront partir en vacances en France au mois de juillet et au mois d’août. Et quand je dis « en France », c’est évidemment en métropole, dans l’Hexagone et dans les Outre-mer ».

La crème solaire à la place du gel hydro

Philippe n’avait pas fini sa phrase qu’on avait déjà enfilé les bouées canard et sorti la licorne géante pour être prêt. On commençait déjà à compter les jours. On avait arrimé le VTT au pare-choc arrière de la voiture, mis la planche à voile sur le toit, la crème solaire à la place du gel hydro dans la boîte à gants. Histoire d’humer le parfum d’un ailleurs, on avait déjà surfé sur le site de la SNCF, qui ouvre ce vendredi les réservations pour les vacances d’été.

Et puis, quand même, on a écouté la suite de l’intervention du chef du gouvernement. Ses félicitations marquées aux professionnels de l’hôtellerie et du tourisme, frappés de plein fouet, et qui se sont engagés à garantir le remboursement intégral, « en cas d’annulation liée au CoVid », des nouvelles réservations effectuées.

Les Français peuvent faire leurs réservations

Pour que le message soit bien clair, bien reçu par des millions de quidam en mal d’évasion à l’issue de près de deux mois de confinement, le Premier ministre a lui-même décrypté ce qu’il venait d’énoncer : les Français peuvent faire leurs réservations, les acteurs du tourisme, les acteurs de l’hôtellerie, se sont engagés à faire en sorte qu’ils soient intégralement remboursés dans l’hypothèse où l’épidémie ne rendrait pas possible le départ en vacances, a-t-il répété. 

4.000 personnes infectées chaque jour en France

Pour l’heure, les futurs vacanciers n’ont pas le droit de s’éloigner de plus de cent kilomètres de leur lieu de résidence. C’est ça, leur réalité du moment.
On en oublierait presque que certains d’entre eux, soignants ou patients, sont encore en prise direct avec le virus. Ou se remettent péniblement de la perte tragique et silencieuse d’un proche.
On éluderait presque les projections de l’Institut Pasteur, selon lequel la contamination en ce début de déconfinement se révèle plus élevée que prévu : près de 4.000 personnes infectées chaque jour en France.
 
Il a été demandé aux verts et aux rouges d’attendre sagement ‪le 2 juin‬ pour un point d’étape, et de ne surtout pas se démobiliser durant le déconfinement progressif : gestes barrière, masques, travail en mobilité autant que possible sont de rigueur en ce mois de mai qui, dans certains coins du pays, a des airs d’automne mal luné.

Les habitants des zones rouges ont interdiction d’aller se balader dans les parcs et les jardins. Ceux des côtes littorales vertes n’ont pas le droit de poser leurs serviettes ou d’enfoncer la pointe de leurs parasols dans le sable. On a même failli croire, si le Conseil constitutionnel ne s’en était mêlé, que la maréchaussée pouvait se pointer chez les citoyens pour vérifier qu’ils ne soient pas plus de dix sous la douche ou dans le salon.  

95 % des hôtels sont actuellement fermés

Alors on hésite à s’imaginer sortir de la cage, même si la porte est ouverte. La perspective d’un été en liberté déstabilise un peu.
« En même temps », il faut reconnaître qu’elle fait du bien. L’espoir fait vivre. Oser lever le nez et regarder l’avenir, même immédiat, ça soulage.

C’est un rayon de soleil pour les professionnels concernés, d’abord, et pour un secteur économique essentiel déjà dévasté par LA Covid.
Édouard Philippe l’a rappelé. Le tourisme représente deux millions d’emplois directs et indirects en France, 8 % de la richesse nationale…  95 % des hôtels sont actuellement fermés. Le secteur fait face  à la « pire épreuve de l’histoire moderne », son sauvetage est donc « une priorité nationale », a assumé le Premier ministre, qui a détaillé un « plan Marshall » d’un montant global de 18 milliards d’euros.

Un plan qui semble massif mais qui suscite déjà de grandes inquiétudes de la part des représentants prestigieux de la professions, comme le PDG du groupe Accor, Sébastien Bazin .
Ouvrir le 2 juin , c est avoir un protocole suffisamment tôt. Et ça coince sur le nombre de tables autorisées, les visières ou les masques , et malgré l’énormité du chiffre ( qui inclut le chômage partiel jusqu’en septembre ), les professionnels sont en colère contre les banques , qui ne jouent pas le jeu sur les prêts garantis par l état . 45% des professionnels n’ont pas pu avoir accès à ces prêts , la trésorerie crie famine . Sur ce point , les restaurateurs aimeraient obtenir la garantie qu’ils pourront récupérer 15% de leur perte en compensation financière , au risque de voir des milliers d’établissements tirer définitivement le rideau à l’automne .

En attendant , la réouverture des cafés restaurants, elle pourrait être envisagée dès ‪le 2 juin‬ pour les départements verts, la date sera fixée ‪le lundi 25 mai‬. « Il n’y a pas beaucoup de certitudes mais nous devons fixer un cap ». Banco.

Pour la population aussi, cette annonce éclaircit un horizon totalement bouché depuis deux mois. Reste à savoir, quand même, où l’épidémie en sera quand arrivera la période estivale ; si par malheur le Coro est trop virulent, comment s’opèrera la marche arrière ; quelles mesures et conditions sanitaires entoureront le coup d’envoi éventuel d’une saison qui ne ressemblera en tout état de cause à aucune autre. Dans le pire des cas, il faudra gagner le totem à l’épreuve d’immunité. C’est ça, « vivre avec le virus ».

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