Briefing du PM Boris Johnson sur la mise en place de la vaccination Covid-19 en Grande-Bretagne - Capture Nos Lendemains.
Briefing du PM Boris Johnson sur la mise en place de la vaccination Covid-19 en Grande-Bretagne - Capture Nos Lendemains.

Ça y est ! On le tient notre champion. Le King du virus, le Lord de la pandémie :

Boris Johnson. L’un des dirigeants qui a le plus mal géré la crise, avec l’un des bilans les plus lourds de la planète, celui qui pariait sur l’immunité collective avant de se raviser un peu trop tard, le seigneur de l’entourloupe et de la rouerie s’est transformé en 24h en héros de la lutte contre la covid-19. Les anglais vont donc pouvoir se faire vacciner dès la semaine prochaine. En sous-titre, il faut lire, dans les déclarations de Johnson « Grâce au Brexit puisque nous sommes débarrassés du carcan européen ».
Et le chœur des vierges de repartir sur les vertus des cavaliers solitaires, l’Europe qui nous freine, nous castre, nous étouffe. Certes, tout fonctionne plutôt mal en Europe mais notons que pour la première fois, elle a réussi à s’entendre au moins sur une commande globale de vaccins et une clé de répartition. Quant à l’argument de la vitesse, il fait quand même froid dans le dos. On a bien compris la motivation politique de Boris Johnson pour se refaire une cerise et c’est plutôt réussi. Toute l’opposition applaudit la décision et le clairon qui l’accompagne. Enfin la Grande-Bretagne brille à nouveau de mille feux après nous avoir offert un pathétique spectacle politique et parlementaire pendant deux longues années.
And so what ? Est -ce si grave d’avoir 3 semaines de retard, si on les utilise à bien peaufiner la logistique, l’organisation, la répartition ? 

Et cette course à l’échalote sur le vaccin n’est elle pas une sorte de repoussoir pour une opinion publique française qui se méfie ? On nous a expliqué pendant des mois qu’il fallait des années pour trouver un vaccin efficace. Et là, d’un seul coup d’un seul, en 8 mois, les vaccins sont trouvés et prêts à être utiliser ! Saluons la force de la recherche. Elle accomplit des miracles et l’on peut le dire et s’en réjouir. Mais si l’on veut que l’opinion adhère, il faut de la pédagogie et pas cette espèce d’hysterie et de course à l’échalote, entre les labos, les dirigeants, et les doctrines pro ou anti européennes. On peut aimer l’Europe,  y compris dans ses imperfections, on peut  aimer le progrès, y compris dans ses tâtonnements, et poser des questions légitimes sur ce qui nous attend dans les mois qui viennent sur un, ou plutôt, des vaccins. Cela ne fait pas de nous des complotistes ou des hommes et femmes des cavernes. 

Posons-nous plutôt la question de savoir pourquoi la France, et le prestigieux institut Pasteur en tête, fierté nationale, sont tellement en retard  par rapport aux américains, aux chinois et aux russes ? Posons-nous la question des politiques sur la recherche menées depuis tant d’années dans ce pays, des coupes budgétaires, des lourdeurs administratives qui empêtrent les élans et les fulgurances. Voilà le vrai sujet ! 

Mais que Boris Johnson saute sur tout ce qui bouge avant la sortie historique de la Grande Bretagne de l’Europe pour tenter de nous convaincre qu’il s’agit de la seule voie possible pour rétablir la grandeur d’une nation, voilà qui devrait nous laisser de marbre, tant ce message émane d’un manipulateur patenté, brillant, certes, mais trop roué  pour être tout à fait honnête. 

Quant à la France, qui annonce la gratuité du vaccin, elle ferait bien de ne pas rater sa campagne de pédagogie et surtout son organisation, sa logistique, comme elle a raté ses masques et sa campagne de tests. Cette fois, l’erreur ne sera pas pardonnée. Il ne s’agit donc pas d’un délai de 3 semaines, qui est un gadget politique mais bien plus profondément d’une organisation au cordeau, efficiente et acceptée par la population. Le défi n’est donc pas le délai mais l’art de la réalisation. Messieurs les anglais, tirez donc les premiers … si ça vous chante. 

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Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    C’est certes hors sujet, mais vous vous demandiez madame dur LCI pourquoi c’est si difficile de s’unir à gauche. Pour une raison simple. Être de droite c’est avant tout défendre et faire perdurer un ordre etabli, un système que l »on considère satisfaisant. Assez facile de mettre d’accord toutes les nuances de droite de Lepen à Leguen pour atteindre cet objectif. Macron l’a très bien compris. Être de gauche c’est vouloir faire bouger cet ordre. Mais comment le faire évoluer ? Un peu , beaucoup ? Vers quoi le faire bouger ? Il ne peut y avoir unanimité sur ces questions . Mais c’est quand même plus exaltant d’être dans la construction que d’être rabougris sur la conservation

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