Vaccination - Photo Tim Reckmann - Creative Commons.
Vaccination - Photo Tim Reckmann - Creative Commons.

Le coup est venu de la droite régionale. Après les masques, les tests, les vaccins allaient devenir l’angle d’attaque supplémentaire contre les impérities du gouvernement face à la pandémie.

Avec son démarrage à la vitesse d’un escargot qui s’assume, Olivier Véran, ministre de la Santé, a vite exaspéré les présidents de régions LR qui se sont engouffrés dans la brèche à contestation et opposition. Instruits de l’inefficience de l’exécutif face aux masques, notamment, et de concert, ils ont sonné l’hallali en proposant d’épauler, et même de se substituer à l’État pour accélérer la marche à la vaccination. En guest-stars de cette rébellion constructive : Hervé Morin, président de la région Normandie, Renaud Muselier, président de PACA, Jean Rottner président de l’Alsace, Laurent Wauquiez, président d’Auvergne Rhône-Alpes… Et même Carole Delga, présidente socialiste d’Occitanie.

Il faut dire que la dynamique de vaccinations au début du mois de janvier faisait pâlir de honte les principaux responsables politiques. Tandis que la France plafonnait à quelques centaines, ses voisins affichaient des chiffres insolents de d’efficacité… Comme une impression de retour vers le futur sur les masques. Certes, avec 250 000 piqures en 15 jours, la France semble en voie de rattraper ses voisins. Il n’empêche, les présidents de région, calcul politique oblige, n’en démordent pas, et veulent démontrer que la décentralisation ça marche ! Objectifs de tous : Commander des vaccins en parallèle et en parasites de l’État. Les salves ont débuté dès le 6 juin avec l’Association des Régions de France qui adressait à Jean Castex neuf propositions pour hâter le pas. Plus directement Hervé Morin lançait: « Je veux simplement faire en sorte que, dans ma région, celles et ceux qui ne seront pas vaccinés avant des lustres dans le cadre du plan gouvernemental puissent l’être. Je pense notamment aux actifs, aux personnes âgées de 40 à 60 ans, sachant que nous n’avons aucun problème pour bâtir des plans de vaccination en quelques jours et en faisant appel aux professions libérales, retraités, collectivités ».

Les régions en mode propositions irrédentistes !

En l’espèce, une piqure de rappel pour le gouvernement qui a décidé de changer son fusil d’épaule, en passant d’une vaccination pointue en Ehpad, à une stratégie de généralisation en direction des soignants et des personnes âgées de plus de 75 ans. Une réaction payante… Quoique, au goût des représentants régionaux, tous d’opposition, et tous attachés à leur 9 propositions qui feraient, selon eux, enfin, décoller les vaccinations. Notamment face aux variants, anglais, sud-africains et même japonais. D’abord, permettre aux régions de commander des vaccins sans passer par les autorisations d’État, effectuer des achats regroupés entre régions. Par ailleurs, organiser les lieux de vaccinations locaux. Carole Delga précisant : « En novembre déjà, nous avons proposé des bâtiments régionaux qui pourraient servir de lieux de vaccination, mais le gouvernement n’a pas répondu à cette proposition ». Pour une bonne circulation des candidats à la vaccination, assurer le transport des personnes par les moyens de transports locaux. Et à ceux qui doutent au sommet de l’État, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France rafraichit volontiers les mémoires : « Le siège de la région était presque devenu un drive de masques, avec une organisation militaire : cela montre que nous en sommes capables ».

Même piqué au vif, le gouvernement peut remercier cette fronde locale qui l’a obligé à accélérer, et même à modifier, sa stratégie erratique de départ. Désormais, et à condition de rester à 50 000 vaccinations par jour, Olivier Véran peut espérer atteindre le chiffre symbolique du million de vaccinés, comme promis, fin janvier. De quoi calmer les ardeurs régionales qui ne demandent qu’à se réactiver en cas de nouveau coup de mou gouvernemental.

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