Dr Özlem Türeci and Dr Uğur Şahin, créateurs du vaccin contre la covid19 et fondateur de BioNTech - Photo BioNTech.
Dr Özlem Türeci and Dr Uğur Şahin, créateurs du vaccin contre la covid19 et fondateur de BioNTech - Photo BioNTech.

Un conte de fée dans un contexte de marasme épidémique. C’est un peu l’histoire de ce couple d’Allemands, d’origine turque, découvreurs du premier vaccin contre le Covid 19. Avouons qu’on s’attendait plutôt à voir des chercheurs chevronnés, grisonnants, et déjà consacrés par l’académie des sciences. Dr Özlem Türeci and Dr Uğur Şahin, couple au travail, comme à la ville, ont damé le pion à tous les mastodontes américains, chinois, russes, en particulier, qui avaient fait croire au monde entier qu’ils étaient à un jet de pierre scientifique de trouver le Graal.

Aux États-Unis, en Europe, en Chine, la logique des blocs, chère à la guerre froide, s’est reformée, dans la course à l’armement sanitaire. Les uns contre les autres, et tous contre le coronavirus, empêcheurs de commercer en rond. Depuis des mois, les laboratoires ronronnaient entre première et deuxième phase, jusqu’au coup d’éclat du géant américain Pfizer, distributeur du vaccin conçu par la société allemande d’Ugur Sahin et Ozlem Türeci, BioNTech. Pour autant, s’ils sont les premiers à être parvenus à présenter un vaccin efficace à 90%, les alliés Pfizer et BioNTech savent que derrière eux la concurrence est prête à dégainer sa troisième phase. « La probabilité que d’autres vaccins soient également efficaces augmente aujourd’hui. Plus de huit mois après le début de la pire pandémie en plus d’un siècle, nous pensons que cette étape représente un pas en avant significatif pour le monde dans notre bataille contre le Covid-19 », se félicite Albert Bourla, le patron de Pfizer.

Une course aux vaccins entre laboratoires mondiaux

Dans le reste du monde, les couteaux scientifiques sont déjà aiguisés. Le Français Sanofi et le laboratoire britannique GSK passeront à la phase 3 dès le mois de décembre pour la fabrication d’un milliard de doses de vaccin en 2021. L’Américain Bioderma, avec son vaccin Moderna, se situe dans le peloton de tête des laboratoires avec sa technique d’injection d’un fragment du code génétique qui favorise une réponse immunitaire au virus. Objectif, produire plus de 500 millions de doses en 2021.

Moins avancé, le vaccin AstraZeneka, produit par l’université d’Oxford, au Royaume-Uni. Ses chercheurs, sans s’engager sur des dates de production, se veulent rassurants quant à leurs résultats : « Il est encourageant de voir des réponses immunitaires similaires entre les personnes âgées et les jeunes adultes », après avoir soumis aux tests des volontaires au Royaume-Uni, au Brésil, et aux États-Unis. La société américaine de biotechnologie Novavas, de son côté, annonçait au mois de septembre, le début de sa troisième phase qui la rapproche de la production. Avec l’ambition de réunir 10 000 personnes à titre expérimental, pour valider son vaccin d’ici la fin de l’année 2020.

Tous les moyens sont bons pour parvenir à un vaccin dès 2021…

Reste les laboratoires aux méthodes scientifiques hétérodoxes, vu de l’Occident… En Russie le projet de vaccin se nomme, Spoutnik 5, autant dire un projet ambitieux. Les chercheurs du Centre de recherches en épidémiologie NikilaÏ Gamaleta promettent un vaccin à la réponse immunitaire immédiate, avec la participation de 40 000 volontaires en phase 2. Déjà, en août, Vladimir Poutine n’hésitait pas à clamer à la face du monde : « Ce matin, pour la première fois au monde, un vaccin contre le nouveau coronavirus a été enregistré. Je sais qu’il est assez efficace, qu’il donne une immunité durable ».

Champion toutes catégories de l’opacité scientifique, la Chine qui s’engage à lancer la production de ses vaccins, dès ce mois de novembre, avec quatre candidats vaccins issus de ses quatre laboratoires Sinovac Biotech, CanSino, China Biotics, Sinopharm, étroitement contrôlés par l’Etat chinois… Aux confins de la manipulation géopolitique.

En attendant les bonnes surprises vaccinales qui devraient pleuvoir en 2021, Pfizer et BioNTech ont pris de court tous leurs concurrents, en imposant les premiers leur vaccin à l’efficacité « extraordinaire », selon les virologues français, car doté d’une efficacité située à 90%. Un niveau de protection qui obligera les autres laboratoires internationaux à se hisser à ce niveau d’exigence.

Et surprise ce matin, tout juste 2 jours après l’annonce Pfizer-BioNTech, la Russie revendique 92% d’efficacité pour son vaccin Spoutnik-V. Le vaccin russe est actuellement en phase 3 d’essais cliniques « randomisés en double aveugle » – le « gold standard » de la démarche scientifique en médecine – auprès de 40.000 volontaires. Les créateurs du Spoutnik-V ont assuré mercredi que les résultats de l’étude de phase 3 sera publiée sous peu «dans une des principales revues médicales au monde et évaluée par des pairs».

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